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jeudi 7 septembre 2017

Interview d'E.R Link par Jupsy

jeudi 7 septembre 2017


Comme c’est ta première interview, je vais te demander de te présenter à ceux qui ne te connaîtraient pas encore !
 
Bonjour Jupsy et merci pour cette interview. Je suis E.R. Link, autrice de romans ancrés dans l’imaginaire, teintés d’aventure, de drames et de romance. Mon nom de plume vient de la fusion de mes vies réelle et virtuelle puisque c’est par Internet que j’ai commencé à publier mes histoires en 2006, sur des blogs. E.R sont les initiales de mes prénom et nom dans la vraie vie, Link est le surnom que mes lecteurs m’ont donné sur le Web.



 
Maintenant que les présentations sont faites, pourrais-tu nous expliquer d’où vient ton inspiration pour Strawberry Fields ?

Je ne saurais trop le dire de façon vraiment spécifique en fait. L’histoire s’est imposée à moi en 1995, avec deux autres très différentes : une que j’ai déjà écrite et publiée, les Compagnons de l’Arc-en-Ciel et une que j’écris actuellement.
L’inspiration peut être très mystérieuse. C’est comme si l’esprit avait longuement mûri en secret dans les limbes du cerveau pour d’un coup sortir trois briques et dire : voilà, ça, ça et ça, tu dois le raconter.
Toutefois, je vois Strawberry Fields comme la lente maturation de certaines de mes lectures de jeunesse et d’étudiante. Ce sont sûrement elles qui m’ont amenée à développer ce récit de façon inconsciente : Autant en emporte le vent, Oliver Twist, Hamlet, Alice au pays des Merveilles, Le Petit Prince, les hauts de Hurlevent, À l’ouest rien de nouveau, mais aussi des origines plus surprenantes comme Candy...

 
Pourquoi ancrer l’histoire d’Axelle et de Quentin dans la littérature de l’imaginaire, et non dans la littérature historique ?

Strawberry Fields a connu quatre versions avant de prendre sa forme actuelle. Au tout début, je voulais raconter l’histoire au XXe siècle, mais en avançant, je réalisais que cela ne cadrait pas avec l’ambiance, les situations. Je me suis naturellement retrouvée bloquée au bout de quelques chapitres, incapable à ce stade de comprendre encore d’où venait le souci.
Quelques années plus tard, j’ai tenté de reprendre dans une version historique. Si cette fois le décor, l’esprit du XIXe cadraient mieux avec mon récit, je me suis retrouvée bloquée de la même façon à la fin de la première époque, toujours sans parvenir à mettre le doigt sur l’origine du problème.
J’avais mon histoire, mes événements, mes personnages, je ne comprenais pas ce qui clochait. J’étais furieuse contre moi-même. Quelques années passent, je retente en historique. Re-blocage.
Puis, en parallèle, je me suis penchée sur l’écriture de nouvelles et j’ai découvert le steampunk. Là, ça a fait tilt ! Je n’arrivais pas à écrire, car j’étais trop enfermée dans un contexte historique réel, dépendant du lieu où se déroulait l’action, des événements de l’époque qui ne se produisaient pas forcément comme je le voulais, quand je le voulais.
Du coup, j’ai repris la rédaction en l’incluant dans un univers imaginaire, la Terre des Brumes, dont les accents steampunk m’ont permis de me libérer de la pression historique.
J’ai pioché tous les éléments du XIXe et début XXe siècles qui m’intéressaient : guerres napoléoniennes, guerre de 14/18, collèges de jeunes filles anglaises, les orphelinats religieux, les exactions des apaches de Paris, l’essor de la révolution industrielle, les tensions entre la France et l’Allemagne pour garder l’Alsace et la Lorraine, l’insouciance de la belle époque...
J’ai tout combiné à ma sauce, à travers mon propre contexte géopolitique, ma propre géographie, mes mœurs, ma religion et la magie a opéré. Tout s’est débloqué.

 
Je sais que tu es une autrice, qui se documente beaucoup pour ses romans. Sur ce roman, t’es-tu découvert une nouvelle passion ?

Je me découvre de nouvelles passions dès que j’écris un nouveau roman. La documentation, le souci du réalisme me passionnent. Où que je place l’action de mon livre, je cherche, je m’abreuve de récits, d’anecdotes. Je lis des auteurs de l’époque, des ouvrages historiques. Pour Strawberry Fields je me suis régalée avec l’argot et le langage des fleurs.
Le langage des fleurs est présent tout au long du roman, puisque la religion officielle de la Talégalle est entièrement basée dessus. Ce souci du détail me pousse à vous avouer que si vous croisez des chardons, des amandiers, des coquelicots, des saules ou des ancolies et non des buissons, des bosquets, des arbres ou des fleurs ce n’est jamais pour rien. Vous pouvez vous amuser à chercher leur signification et leur symbolisme et vous découvrirez que si la plante est nommée là, à ce moment-là c’est parce qu’elle représente : ou la situation que vous lisez, ou les sentiments d’un personnage présent dans la scène.
Pour l’argot, je m’amusais à chercher les mots les plus improbables dans une anthologie de 16 dictionnaires d’argot de 1827 à 1927, argoji, que vous pouvez trouver en libre accès sur le net. Certains termes désuets sont d’une truculence rare et un vrai bonheur à mettre dans la bouche des personnages. D’autres, que l’on emploie toujours aujourd’hui, n’avaient pas le même sens à l’époque, et c’est toujours très drôle de jouer avec la langue pour les recontextualiser dans leur état natif.

 
Un de tes personnages souffre de maladie mentale. Comment t’es-tu préparée pour traiter sa pathologie ?

Je me suis documentée sur la question. Kimberley souffre de schizophrénie à dominante catatonique avec sentiment de dépersonnalisation, à une époque où la schizophrénie n’était pas connue comme telle, mais simplement associée à la folie. Pour moi, il était hors de question de sombrer dans le cliché que l’on voit trop souvent sur le sujet : le dédoublement de personnalité.
Il y a bien un conflit de personnalité chez Kimberley, mais j’ai cherché à le rendre le plus proche possible de celui vécu par certains schizophrènes.
Pour cela j’ai bien sûr lu de nombreux témoignages de personnes souffrant de cette maladie. Les mots des malades décrivaient plus que des symptômes. Ils décrivaient leur manifestation physique et mentale. J’ai toujours à cœur d’immerger le lecteur dans le personnage et chercher à lui faire ressentir ce qu’il ressent.
J’ai également interrogé des médecins et des infirmières évoluant en hôpital psychiatrique (j’ai la chance d’avoir des amis dans le milieu médical). Leurs témoignages, leurs anecdotes, leur ressenti m’ont été très précieux dans la construction du personnage de Kimberley.

 
Quel personnage t’a donné le plus de fil à retordre lors de l’écriture ? Pour quelle raison ?

Kimberley a été pour moi très complexe à écrire. Parce que j’ai une peur viscérale de la « folie », comme Maupassant. Je craignais qu’en me plongeant dans son esprit pour mieux en faire ressentir tous les désordres à mon lecteur, je finisse par me perdre moi-même.
Sinon Charlaine a été également très compliquée à appréhender. J’ai découvert, lors de ma troisième tentative de rédaction, que c’était aussi un peu à cause d’elle que je bloquais. Elle me terrorisait. Cette fille joue à égalité avec les hommes dans un milieu d’une violence inouïe, à une époque où il était particulièrement difficile de se faire une place en tant que femme. Elle se situe même au-delà de l’égalité, elle domine les hommes, elle leur fait peur. La vie l’a abîmée physiquement et psychologiquement, pour en faire une sorte de monstre qui me collait des frissons dès que je devais écrire son nom. D’un côté, j’admire sa force de caractère, ce talent qu’elle a pour diriger avec une telle poigne des hommes dans un milieu aussi dur que les gangs de rues, mais d’un autre je ne peux pas lui pardonner sa froideur et son manque total d’empathie.

 
À l’inverse, quel personnage a été le plus facile à manier ?
 
Quentin. Il est le personnage le plus proche de moi. À travers lui, j’ai pu me livrer au lecteur, me mettre un peu à nu surtout pour décrire mon rapport à l’écriture. Il porte en lui le décalage que j’ai connu moi aussi étant enfant, époque où je n’avais que peu d’amis, car personne ne voulait jouer avec moi à cause de mon vocabulaire « compliqué » ou ma façon de transformer un simple jeu d’enfant en une aventure alambiquée.

 
Dans Strawberry Fields, le lecteur navigue entre lettres manuscrites et chapitres. À un moment donné, tu vas même jusqu’à lui proposer de résoudre des énigmes. Pourquoi ?

Je lui propose même de remplir le questionnaire à la fin du roman (raison pour laquelle je préfère conseiller la version papier à la version numérique) ! Pour l’impliquer directement dans l’action. Pour le mettre lui aussi dans la peau d’un personnage. Lui faire vivre physiquement l’aventure. Le sortir de son simple statut de lecteur, de spectateur passif et devenir un véritable personnage, le forcer à prendre part au récit en somme. Et ainsi lorsqu’il referme le livre, il a lui aussi posé sa pierre dans le Livre au trésor. Il ne lui reste plus qu’à le transmettre à son tour, afin de ne pas rompre la chaîne.

 
De nombreuses références sont présentes au sein de ton ouvrage. Shakespeare, Lewis Carroll ou Saint Exupery sont présents… mais est-ce que le sourire de Charlaine est un hommage au Joker ?

Le sourire de Charlaine est celui de Gwynplaine du roman l’Homme qui rit de Victor Hugo. Mais on pourrait dire que sa cruauté est proche de celle du Joker, en effet ! * rire *

 
Un dernier mot pour la route ?

Merci pour cette agréable interview, avec des questions pertinentes auxquelles j’ai pris un réel plaisir à répondre. Je souhaite une très longue vie à ton blog. Je sais que tu as pu recevoir des mots durs, mais je tiens à dire que j’apprécie ton honnêteté. Je sais que si un jour un de mes romans ne trouvait pas grâce à tes yeux, tu le dirais, même si nous avons à côté des relations cordiales et que nous rions bien sur d’autres sujets et c’est quelque chose de rare. Parce que cela rend les chroniques élogieuses que tu rédiges d’autant plus précieuses, d’autant plus sincères. Ne change pas. Même si le monde entier te tombe dessus. C’est toi qui es sur la bonne voie.
 

Pour aller plus loin :


vendredi 28 octobre 2016

Interview de Nolwenn Renard par Jupsy

vendredi 28 octobre 2016

Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Bonjour à tous ! Je m’appelle Nolwenn, j’ai 23 ans. Je suis diplômée de psychologie, passionnée de littérature, accro des livres et des belles couvertures. Je n’ai pas toujours adoré lire, pendant de nombreuses années ce fut une vraie corvée, jusqu’à ce que je me rende compte de ce que pouvait me procurer un livre entre mes mains. Depuis, je n’ai plus jamais lâché les mots ! Ma trilogie Autour de nous est ma première expérience d’auteure indépendante, les deux premiers tomes étant désormais disponibles.

Ma collègue Evy m’a demandé de te poser une question simple : thé ou café ? (et moi comme je suis gentille, je t’autorise à ajouter chocolat et jus d’orange )
Sans aucune hésitation : café ! (légèrement sucré avec une goutte de lait) ;-)

Plus sérieusement, tu as sorti ton tome 2 récemment. Qu’as-tu éprouvé ?
J’étais à la fois très heureuse de son aboutissement, et un peu stressée à l’idée qu’il ne soit pas à la hauteur du premier. J’étais profondément touchée d’entendre les lecteurs du tome 1 me réclamer sa sortie ! Reste plus qu’à les laisser s’y plonger …

A-t-il été plus difficile à écrire que le premier ? Ou est-ce l’inverse ?
De manière globale, il n’a pas été plus compliqué à écrire. Après, le plus difficile de mon point de vue, fut de m’imaginer à la place des lecteurs qui se plongent dans le tome 2 après plusieurs semaines, voire mois de découverte. Quels passages seraient-ils susceptibles d’avoir oubliés ? Quels épisodes serait-il bon de rappeler ? Quels détails serait-il préférable de repréciser ? Je ne voulais surtout pas que quelqu’un puisse se perdre quelque part ...

Quel a été ton chapitre préféré lors de l’écriture de ce second tome ?
J’adore - et j’ai toujours adoré - écrire le dernier chapitre. Celui qui clôture des pages de lecture. Ces dernières phrases que l’on a envie de relire plusieurs fois pour être sûr que l’on a bien compris leurs sens. Ces derniers mots qui restent en tête et qui influencent en grande partie l’avis final, à chaud, que l’on se fait d’une histoire.

Lequel a été le plus complexe à écrire ?
Le chapitre le plus complexe que j’ai eu à écrire dans ce tome 2 fut sans doute « la traversée ». Ceux qui ont lu le tome 1 (et qui sont alors restés sur cette fameuse question) y trouveront dans ce tome 2 la réponse ! La traversée, entre le monde des Hommes et des Passeurs. Un passage entre la Terre et « le Camp » (je ne peux pas vraiment en dire plus), entre le réel et l’incroyable, entre la Terre réelle et un monde parallèle. Comment faire croire quelque chose qui n’existe pas ? C’est là la difficulté. Tenter de s’immerger complètement dans la peau de ce personnage qui traverse, son ressenti, ses émotions, sa douleur parfois, ce qui pourrait l’attirer dans cet entre-deux monde, ou au contraire, ce qui ferait qu’il ne puisse pas l’atteindre. Ce passage a été assez corsé niveau cohérence et crédibilité, mais je pense que Lizzie l’expliquera beaucoup mieux que moi. ;-)

Ma collègue Evy s’incruste une nouvelle fois, car elle aimerait savoir quel personnage de ton roman t’accompagnerait en cas d’apocalypse ?
Lizzie sans aucun doute ! On a pas mal de points communs et je pense que s’il ne restait que nous, nous arriverions à retracer des chemins détruits. On se battrait pour les autres, et pour nous.

Et si on parlait de mythologie ? Quel est le processus de création de la tienne ?
Pour écrire Autour de nous, je suis partie d’un processus assez particulier : celui d’un cauchemar (chapitre 14 du tome 1) que j’ai quasiment rêvé tel que. Il m’est resté dans la tête toute une journée et j’ai voulu l’immortaliser. J’ai alors souhaité en faire quelque chose, ne pas le laisser là, comme ça. Il a fallu alors créer un contexte un peu sombre, avec des enfants, puis finalement, le reste est venu assez facilement. Je voulais créer une sorte d’aventure impossible dans un monde bien réel. Un roman dans lequel l’incroyable se mêle au possible. Je voulais que les lecteurs se disent simplement … « Et pourquoi pas … ? » …

As-tu un genre de prédilection ? À l’inverse, quel genre sort de ta zone de confort ?
Je n’ai pas de genre de prédilection, même si j’ai un petit faible pour le fantastique et le thriller. L’érotique, par contre, sort de ma zone de confort. Ce n’est pas le genre en lui-même qui me repousse, ce sont souvent les trames principales qui me paraissent faibles ou évidentes à l’avance, je n’aime pas cette sensation de « toujours la même chose ». Après, je ne fais pas de généralisation, je n’ai juste peut-être pas encore trouvé LE livre qui pourrait me faire changer d’avis !

Quelle est l’étape la plus facile dans l’auto-édition pour toi ? La plus difficile ?
La plus facile ? Le libre cours à son imagination, sans aucune restriction !
La plus difficile ? La commercialisation. Nous sommes auteurs, passionnés d’écriture et parfois un peu graphistes ou apprentis correcteurs par obligation, mais nous ne sommes pas des commerciaux.
Difficile de se mettre en avant sans paraître légèrement égocentrique, avec une modestie défaillante ou pot de colle. On ne peut pas embêter tout le monde avec notre roman tous les quatre matins même si on rêve de le voir entre toutes les mains. Certains savent faire, moi, ce n’est définitivement pas mon truc.

Si tu avais un conseil à donner à ceux qui se lanceraient, quel serait-il ?
Le seul conseil que je pourrais donner à ceux qui se lanceraient : y aller à fond ! Persévérer pour ne jamais regretter ! Tenir son livre dans ses mains n’a pas de prix, et après tout, qu’est-ce qu’on risque ?! De belles rencontres et un bout de rêve réalisé …

Quel serait ton mot pour conclure cette interview ?
Un mot ? Merci ! Merci à vous pour cette interview, pour l’intérêt. Merci à tous ceux qui suivent les auteurs indépendants au même titre que les autres. Il existe des petites perles dans cette grande famille. Ne les ratez pas … ! :)



Pour aller plus loin :

Autour de Nous : Chapitre I et Chapitre 2


vendredi 7 octobre 2016

Interview de Lyn A. Lewis par Jupsy

vendredi 7 octobre 2016
 Pour ceux qui ne te connaîtraient pas, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Bonjour, bonjour, je m’appelle Lyn, j’ai 34 ans et je suis belge. Je vis en France depuis une petite dizaine d’années avec mon mari. J’adore lire, câliner mes chats, regarder des séries, écouter de la musique, jouer avec des programmes de montage vidéo/photo et, évidemment, écrire. J’écris depuis plus de vingt ans et je ne m’en lasse pas ! Passeuse d’âmes est mon premier roman publié.

Alors qu’est-ce que ça fait de sortir un deuxième tome ?
Ça fait plaisir ! Je suis heureuse de pouvoir continuer l’aventure. Apprendre qu’il est attendu est absolument génial ! Mais j’avoue que c’est un stress supplémentaire, car je n’ai pas envie de décevoir.

As-tu rencontré des difficultés supplémentaires ? Si oui lesquelles ?
Je n’en ai pas l’impression. Enfin, à l’exception d’une petite panne d’écriture que mon premier NaNoWriMo a solutionné ;) J’ai la sensation de m’être davantage lâchée dans ce tome, j’ai donné la parole à des personnages pas forcément attendus et ça m’a plu. Côté technique, j’avais l’expérience du premier tome, donc la confection de la couverture, la correction et la maquette ont été un peu plus rapides à faire. Au passage, je remercie Mélanie Wency pour son aide sur la création de l’ebook, car elle y a passé beaucoup de temps.

Parmi tes personnages, est-ce qu’il y en a un pour qui tu as une affection particulière ? À l’inverse, est-ce qu’il t’arrive d’avoir envie d’en gifler un ?
C’est deux questions difficiles… Je les aime tous, même Élise, la vilaine grand-mère, si si. Ils ont tous quelque chose qui me plait, mais aussi qui peut m’énerver ! Ils ne sont pas parfaits, ils ont tous des qualités et des défauts, ils sont faillibles chacun à leur manière. À la fin de ce tome 2, je crois que je pourrais répondre Debra aux deux questions !

Pourquoi Possédée ?
Difficile de répondre sans trop spoiler. On va découvrir petit à petit Elanor, sa vie, son combat, sa relation avec le démon qui lui a ouvert la porte vers le présent. Une Elanor qui va chercher à posséder le corps d’Érine pour vivre à nouveau à travers elle. Érine va donc devoir se battre pour rester elle-même, garder le contrôle de son existence. On peut aussi dire qu’un personnage sera possédé par l’envie de vengeance et un autre par le désir de conquête et de pouvoir…


Quel est ton chapitre préféré du premier tome ?
Tu es spécialiste côté questions compliquées :P J’hésite entre le chapitre 23 qui décrit les événements d’Halloween et la manière dont ils se terminent, j’ai bien aimé la tension que je ressentais en l’écrivant, l’alliance inattendue entre deux personnages. Et le chapitre 28 qui est légèrement malsain, mais qui amorce l’arrivée, ou plutôt le retour, d’Elanor.

Quel est celui du second ?
Raaah ! J’ai l’impression que c’est encore plus dur de choisir… Désolée, mais il n’y en aura pas qu’un seul ! Il y a le chapitre 14 où deux personnages se rapprochent (enfin), je l’aime beaucoup. Le chapitre 26 où on en apprend un peu plus sur la vie précédente d’Érine et son premier contact avec le démon.

Quel chapitre du tome 1 a été le plus compliqué à écrire ? Pourquoi ?
Celui mentionné plus tôt, le chapitre 28, justement parce qu’il est assez malsain. Ce n’est pas évident de trouver le juste milieu entre le côté charnel, sombre et mystérieux.

Même question, mais pour le deux ?
Le chapitre 35 où les vives émotions d’Érine m’ont bien secouée. J’ai senti le combat intérieur, l’impact de son passé sur son présent, le changement qu’elle refuse d’accepter. Mais c’est aussi un de mes chapitres préférés justement pour cette raison.

As-tu pris des cours de teasing ? Aurais-tu des conseils à donner à d’autres auteurs ?
Je lis, tout simplement (ou je regarde des séries, ça fonctionne aussi). Et des conseils, je ne suis pas sûre d’être bien placée pour en donner, à part se mettre à la place du lecteur !

Quelle est l’étape la plus facile dans l’auto-édition ? La plus difficile ?
De mon côté, le plus facile reste la couverture. J’ai la chance de pouvoir me débrouiller avec les images et je m’amuse beaucoup avec (attention, il faut bien acheter les images !). L’accès aux plateformes de publication est assez aisé aussi, elles guident bien les auteurs dans la démarche (technique) de création du livre.
L’étape la plus difficile, pour moi, a été de me lancer. Mais j’avais une histoire à raconter, je voulais la partager. Inutile de dire que je ne regrette pas mon choix ^_^ Ce n’est pas non plus facile d’assurer la promotion de ses ouvrages, mais j’essaye de faire de mon mieux en faisant bien attention à ne pas passer en mode « spam » ;)

Qu’est-ce qu’une bonne fin pour toi ?
Tout dépend de ce que je lis. J’aime par exemple la fin de Simetierre de Stephen King, qui n’est pas une happy end du tout. À l’inverse, j’adore la fin de la saga La sélection de Kiera Cass qui est quand même plus joyeuse. Il y a même certaines fins ouvertes qui peuvent me plaire. Bref, tout dépend de ma lecture et de ce que j’attends d’elle au fur et à mesure de la lecture.

T’ai-je assez martyrisé avec mes questions ? Oui ? Bon allez je suis gentille, je m’arrête là… Enfin tu veux peut-être dire un dernier mot ?
Hey, j’ai survécu :P Du coup, vu que je suis encore en vie, j’en profite pour te remercier pour ces questions pour lesquelles je me suis bien creusé la cervelle ;) Je voudrais aussi dire merci à mes bêtas-lectrices pour leurs avis pertinents, ainsi qu’aux adorables blogueuses qui ont accepté de chroniquer le deuxième tome en avant-première. Et finalement à tous ceux et celles qui ont tenté l’aventure de Passeuse d’âmes avec moi. J’espère pouvoir vous faire voyager encore avec cette suite !


Pour aller plus loin :




mardi 7 juin 2016

Nos nouveaux rendez-vous !

mardi 7 juin 2016
(Non, cette image ne représente pas l'article, mais ça fait vide sans image sur la page d'accueil.)


Aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler des nouveaux rendez-vous d'Encore un Chapitre. Nous avons décidé d'en instaurer un certain nombre entre les chroniques, quand l'envie nous prendra de vous parler autrement de la lecture et du monde qui l'entoure. Alors, oui, si j'utilise le mot envie, ce n'est pas par hasard. Ces nouveaux rendez-vous ne seront pas obligatoirement présents chaque semaine, mais de manière plus aléatoires au gré de nos désirs et de nos inspirations.

Voici donc la liste des nouveaux rendez-vous avec le jour de la semaine que nous lui avons attribué.

Le Lundi, ce sera « Je râle » car c'est le début de la semaine, donc reprise du boulot. Enfin, ça, c'est pour Evy. Dans mon cas, c'est légèrement plus compliqué car je travaille de nuit (et les week end) et mes horaires ont tendance à être différent. Bref, « Je râle » est là pour qu'on pousse des petits coups de gueule sur des choses qui nous agacent en matière de littérature (ou pas, si l'actualité nous pousse à râler sérieusement sur autre chose). Alors ça pourra être des petits coups de gueule sérieux et d'autres un peu moins !

Le Mardi, c'est relâche ou alors j'ai oublié de noter le rendez-vous sur notre Google Agenda !

Le Mercredi, ce sera l'occasion de mettre en avant des personnages masculins qui nous ont marqué en bien. (en pas bien, ce sera dans « Je râle ») En fait, c'est l'équivalent masculin d'un autre rendez-vous afin que la parité soit respectée.

Le Jeudi, les interviews d'auteur seront à l'honneur afin de découvrir qui se cache derrière les livres qui nous font chavirer. (qui sont les sadiques qui martyrisent nos héros préférés, qui usent de leur plume pour nous faire pleurer... ou rire aussi !)

Le Vendredi, les pourquoi pointeront le bout de leur nez. Le principe est simple, nous nous interrogeons entre nous afin de savoir pourquoi nous apprécions certaines choses ou au contraire pourquoi nous ne les aimons pas. Par exemple : Pourquoi Evy pique-t-elle tous les SP ? Pourquoi je détester toutes les adaptations télés sans exception même quand j'essaie de faire un effort ? Pourquoi Evy lit-elle ce genre ? Etc.

Le Samedi, nous nous amuserons à déclarer notre flamme à un auteur, à une maison d'édition. L'objectif sera de vous donner envie, mais parfois vous nous prendrez peut-être pour des folles quand les déclarations de flamme seront très enflammées !

Quant au Dimanche, ce sera l'occasion de parler des personnages féminins marquants. Ce rendez-vous là me tient très à cœur car je trouve que l'on est souvent trop injuste avec elles alors qu'il en existe de très réussis ! Oui, c'est mon côté féministe qui ressort et je dois dire qu'avec l'âge, ça ne s'arrange pas.

Maintenant vous savez tout des rendez-vous qui attendent sur Encore un chapitre, que vous pourrez retrouver à des intervalles plus ou moins réguliers. Quant aux chroniques, elles sont et seront toujours là tantôt nombreuses, tantôt sporadiques !

En attendant de vous retrouver, je vous souhaite plein de bonnes lectures à tous et à toutes !

mardi 29 mars 2016

Un petit café en compagnie de : Anna Lyra

mardi 29 mars 2016

Un petit café en compagnie de : Anna Lyra


1 / Que représente l’écriture pour vous ?
               L'écriture, c'est mon quotidien. J'écris tous les jours, et j'aime ça : je ne pourrais pas m'en passer, tout simplement. Si je passe une journée sans m'occuper de mon roman en cours, je me sens mal ! Les personnages me manquent, les idées viennent, les doigts me démangent... C'est comme une drogue ! J'ai commencé tôt, puisque j'ai publié ma première nouvelle à l'âge de 17 ans, et malgré quelques ralentissements dus à mes études d'Histoire, je n'ai jamais cessé de taper sur le clavier. Aujourd'hui, je suis heureuse de pouvoir être auteur à temps plein. L'écriture est ma bouffée d'oxygène, mon évasion quotidienne qui me permet de trouver mon équilibre.

2/ Avez-vous un petit rituel pour vous lancer dans l’écriture ?
               Je ne pense pas, non... Tout dépend de ce que l'on appelle un rituel ; je pense plutôt avoir besoin de certains éléments pour m'immerger pleinement dans l'univers que je crée. Quel que soit l'endroit où j'écris, que ce soit chez moi ou en vacances, sur cahier ou ordinateur, sur une table ou sur mes genoux, j'ai besoin de calme et... de café ! D'où mon enthousiasme à prendre un café avec vous, dans le cadre de cette rubrique. Je bois aussi du thé aux épices, suivant l'heure de la journée, mais il faut quelque chose de chaud à déguster au fil de mes pensées, pendant que je marmonne toute seule devant mon écran (oui, c'est une habitude un peu étrange !).
               Ensuite, j'ai besoin d'avoir sous la main mon carnet du moment. J'ai un carnet pour chaque romance, dans lequel je consigne toutes mes notes, toutes mes recherches... C'est important pour moi, pour construire des histoires cohérentes.
               Enfin, pour l'écriture de certaines scènes, je vais avoir envie d'écouter différents styles de musique pour me mettre dans l'ambiance : ça peut passer par des tubes rétro, de la musique du monde, des chansons d'amour... voire même, pour certaines scènes de combat, AC/DC ! Je me dis souvent que si mes lecteurs connaissaient les morceaux que j'écoute en ce moment pour écrire une romance, ils seraient probablement surpris...

3/ Vos livres sont toujours teintés de romance, avez-vous essayé d’écrire un autre genre ou est-ce vraiment celui qui vous correspond le plus ?
               J'ai longtemps écrit sur d'autres thèmes (recueils de nouvelles, fantastique, régionalisme et guides touristiques) avant de m'essayer enfin à la romance, mon genre de prédilection. Pour moi, c'était un peu le but ultime que je n'osais pas atteindre, et puis un jour j'ai décidé de me lancer. Pour l'instant je n'envisage donc pas de changer de style car j'adore la romance, et il y a tant de sous-catégories à explorer que je ne risque pas de m'ennuyer ! Même si j'avoue préférer la romance historique : c'est un vrai challenge de moderniser les schémas, construire des intrigues compatibles avec la réalité historique, faire des recherches sur les périodes abordées... J'aime rendre la romance historique intéressante, drôle et moderne.
               Mais sait-on jamais ? Si un jour j'ai un projet un peu différent, pourquoi pas ? J'en ai d'ailleurs un en tête qui va m'éloigner un peu de mes habitudes. L'essentiel est de vivre son inspiration comme elle vient, et de s'amuser. Toujours !

4/ Vous avez déjà publié 4 livres et un spin off de « La Fleur des Highlands » est prévu pour bientôt, d’autres projets sont-ils en préparation ?
               Oh, que oui ! J'ai toujours plein de projets sur le feu... En ce moment je prépare activement la sortie de "La vengeance du Highlander" (qui sortira le 13 avril aux éditions Harlequin HQN).
               Je termine également la relecture d'une autre romance historique qui me tient à cœur, et qui m'a demandé beaucoup d'investissement personnel. Je me suis rendue sur place, j'ai fait le tour des sites archéologiques, des musées... J'ai voulu rendre vivante cette belle histoire d'amour un rien insolite, développer une romance au sein d'une période violente et sombre assez méconnue. Rien n'est encore décidé pour la publication, donc affaire à suivre...
               Je vais maintenant enchaîner sur l'un de mes deux projets en gestation - une romance historique, et une romance contemporaine fantastique qui va me permettre de découvrir de nouveaux horizons.

5/ Vous m’avez avoué tenir énormément au couple « Marguerite & Alistair », est-il votre préféré ? Personnellement, j’ai un petit faible pour Eugénie & Thomas de « Pour quelques touches de passion ».
               Ah, j'en suis ravie ! C'est vrai que le duo Eugénie/Thomas a quelque chose d'explosif, tout en conservant une touche de douceur presque pudique... Ils sont les héros de "Pour quelques touches de passion", une romance sudiste pour laquelle j'éprouve une tendresse toute particulière puisqu'elle a remporté le prix Harlequin de l'été 2014 : une nouvelle page (numérique !) qui s'est tournée pour moi à cette occasion puisque j'ai eu la chance d'être choisie par cette grande maison d'édition. "Pour quelques touches de passion" a reçu de très bonnes critiques et continue à trouver ses lecteurs, ce qui me rend très heureuse.
               J'aime tous mes personnages, car je les conçois avec amour. Avant
d'entamer la rédaction d'un roman, je réalise des fiches détaillées pour chacun de mes personnages, même les secondaires : j'essaie d'en faire des individus à part entière, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs ambitions de vie, leurs faiblesses d'humains... Je crois que je distille aussi une petite part de moi-même dans chacun d'eux. Cependant, c'est vrai que j'ai un faible pour le couple Marguerite/Alistair, pour leurs caractères aussi affirmés l'un que l'autre, pour l'humour qui pétille entre eux, pour leur attirance si puissante qu'elle va briser toutes les barrières les séparant dès le départ... Ce sont des personnages que j'aime énormément, et c'est avec un grand plaisir que je les ai retrouvés à l'occasion de "La vengeance du Highlander". 

6 / Portrait chinois :
Si j’étais un personnage de fiction, je serais…  La Raiponce de Disney, comme on me le dit souvent : pour sa sensibilité exacerbée, son enthousiasme explosif et surtout sa maladresse...! C'est moi tout craché ! (rires)
Si j’étais un élément, je serais… L'air, pour circuler librement entre la terre et le ciel.
Si j’étais une fleur, je serais... Une rose, celle du poète écossais Robert Burns : Mon amour est une rose rouge, rouge, au printemps fraîchement éclose...

Pour terminer, j'aimerais remercier mes lecteurs du fond du cœur ! Vos messages, vos photos, nos rencontres sur les réseaux sociaux, sont autant de trésors que je conserve jalousement au fond de moi. Mon objectif est de vous faire rêver, et j'espère que vous prenez autant de plaisir à me lire que j'en ai à écrire.

Pour les sudistes qui aimeraient me rencontrer, j'ajoute (attention, scoop !) que je serai en séance de dédicaces le 5 juin prochain à Orange, au festival L'Antre des Livres. Je serai ravie de vous y retrouver !

Un grand merci à Anna Lyra pour ce petit moment en sa compagnie !


Le blog de l'auteur : http://annalyra.eklablog.com/
Ses livres : Anna Lyra

mardi 27 janvier 2015

[Interview] Oliver Castle

mardi 27 janvier 2015

Oliver Castle



Pour commencer, une petite présentation s'impose... 
Oliver Castle. C’est mon habile nom de plume pour dissimuler ma véritable identité à ceux qui n’ont pas le courage de faire quelques recherches sur internet. J’écris depuis bientôt 10 ans, si je fais le calcul.

Comme à peu près tout le monde qui se lance dans ce genre d’entreprise, j’ai commencé par des petites nouvelles et un gros roman d’un million de caractères, premier volume d’une série qui ne verra peut-être jamais le jour. Et comme à peu près tout le monde aussi, j’ai commencé par écrire des histoires qui me correspondaient ou correspondaient à ce que j’avais l’habitude de lire : de la science-fiction. Considérant l’actuel marché de la science-fiction francophone, je pense pouvoir affirmer que je ne me suis pas lancé dans cette aventure pour la gloire, l’argent et les filles faciles… Ceci dit, comme je n’ai rien contre la gloire, l’argent et les filles faciles, je me suis récemment surpris à écrire de la Young Adult, pour voir si ça marcherait mieux.

Le premier livre que j’ai publié est une anticipation sur fond d’écologie et de rock ‘n’ roll intitulée Sol Sunburst. J’ai choisi l’édition indépendante via Amazon/Kobo parce que, comme je le disais plus haut, le marché SF francophone tire un peu la gueule et ne laisse quasiment aucune opportunité à celui qui n’écrit que ça. Et puis, c’était une expérience que je voulais tenter : avoir « mon » livre et rester maître du processus créatif jusqu’au bout. Pour cela, je me suis créé mon « label » : Electrik Punk Books (www.electrikpunkbooks.com). L’avenir dira de quoi il est fait en temps et en heure ; mais pour l’instant, Electrik Punk Books se consacre à la science-fiction, la mienne.

Dans la vraie vie, je suis Game Designer pour le jeu vidéo.

Dans ma vie rêvée, j’aurais voulu eu être une rockstar.

Que représente l'écriture pour vous ?
Difficile de répondre à cette question autrement qu’en versant dans le cliché… « J’ai toujours eu un esprit créatif et des milliers d’histoires dans la tête. Blablabla… » Depuis que je n’ai plus l’occasion de les mettre en scène avec des Lego ou des figurines Dragon Ball Z, il fallait bien trouver un moyen de leur donner vie.

Je ne vais pas non plus sortir le couplet « c’est quelque chose de vital, je ne peux pas vivre sans ». Essentiellement parce que j’ai vécu des années sans ! Et je ne m’en portais pas plus mal : j’avais du temps pour faire autre chose, je ne pinaillais pas 3 jours sur des virgules, je ne passais pas des heures à ressasser des dialogues ou des scènes dans ma tête en lieu et place de dormir…

C’est un processus qui s’est fait naturellement au fil des années jusqu’à atteindre le point où, imbibé du sucre d’une bouteille de jus de pêche, je me suis posé devant un Word et j’ai commencé à raconter des trucs. À l’origine, je crois que ça relevait plus d’un défi type « je peux le faire » (avec comme référence Frank Herbert… comme quoi les débutants n’ont vraiment peur de rien !). Et puis au fur et à mesure, cette activité prend de plus en plus de place quotidiennement et ça devient une composante intégrante de votre vie, comme le sport peut l’être pour d’autres.

Finalement, je crois que ce qui m’intéresse le plus dans l’écriture – en dehors de l’élaboration des dialogues – c’est tout le processus intellectuel propre à la construction de l’histoire et des personnages. Ou comment soigner les détails tout en peignant une fresque sur un plafond et en construisant soi-même l’échafaudage à partir d’allumettes. C’est pour ça que je passe beaucoup de temps à l’élaboration d’un roman, je n’ai pas envie qu’on me taxe d’aller à la facilité ou de faire des histoires sans intérêt.

Êtes-vous un oiseau de nuit ? Ou écrivez-vous plutôt en journée ? Avez-vous un petit rituel avant de vous lancer dans l'écriture ?
J'ai parfaitement conscience que pour bien écrire, il faut écrire régulièrement, à heures plutôt fixes et cela même si on n'a pas envie, pas l'inspiration, pas le temps, pas l'énergie. Dans la pratique, il faut bien se rendre compte que ça devient vite n’importe quoi. Déjà, l’heure à laquelle je me lève est hautement aléatoire et dépend de la qualité de ma nuit précédente. Donc, rien qu’avec cette donnée, le concept d’horaires fixes est devenu une vaste blague.

Quand j'étais encore salarié et obligé de me taper deux heures de train par jour pour aller travailler, j'avais deux heures toutes trouvées pour écrire. Quand je croulais sous le poids du malheur dans un boulot qui ne me plaisait plus qu'à moitié, j'ajoutais mes soirées pour donner un sens positif à mes journées. Depuis que je n'ai plus d'horaires me contraignant à quoi que ce soit, j'écris quand j'en ai envie :) et cela dépend surtout du moment où j'en suis dans le processus créatif. Si je suis dans la vraie phase d'écriture/relecture, je suis plutôt de l'après-midi, réservant le matin pour la promo, le blog et des trucs plus administratifs et moins rigolos. Si je suis dans toutes les autres phases, c'est un boulot à un plein temps qui ne s'arrêtent pas vraiment et au prix d'insomnies. Paradoxalement, c'est probablement cette phase où un auteur travaille le plus et celle où le reste du monde croit qu'il en rame pas une…

De la même façon que je n'ai pas de bureau ou d'espace personnel, je n'ai pas de rituel particulier pour me mettre au travail, en dehors de relire ce que j'ai écrit la veille pour me remettre dans le bain et de sélectionner la bonne musique d'ambiance.

Quelles sont vos sources d'inspiration ? 
Les sources d’inspiration dépendent en grande partie de l’ouvrage en cours. Étant particulièrement versé dans la science-fiction, mes références sont assez classiques dans le genre. Mais s’il y a bien un auteur qui transparaît plus qu’un autre dans mes livres, pas forcément dans le style mais dans les thèmes abordés, c’est bien Philip K. Dick ! La plupart de ses livres abordent des thèmes qui me parlent, notamment le rapport au réel, et on lui doit indirectement le meilleur film SF de tous les temps : Blade Runner. Bref, à chaque fois que j’écris de la SF, le spectre de PKD est derrière mon épaule.

Dans d’autres registres, je puise un peu partout suivant les besoins du livre, de l’histoire des personnages. Pour un prochain livre, j’ai à peu près tout lu sur Marilyn Monroe. Pour Atomic Girl et moi, j’ai laissé parler mon amour du comic-book américain sans chercher plus loin. Pour le roman Young Adult tout juste achevé, je suis retourné dans mes souvenirs de lycée. Pour Sol Sunburst, l’impulsion était écologique. Je planche actuellement sur un roman de fantasy et c’est Shakespeare qui accapare mon attention (sic). Pour Dolmen, c’était les maître de l’humour anglais tel que les Monty Pythons, PJ Wodehouse et Douglas Adams.

De façon plus générique, la liste de noms que je pourrais citer comme sources d’inspiration est virtuellement sans fin. Parmi ceux qui viennent en premier, citons Joss Whedon pré-Marvel, parce qu’il a créé des univers riches et toujours incompris (rendez-nous Firefly !).  John Hughes, pour son analyse de la culture adolescente dans les années 80’s et sa tripotée de films cultes. Leiji Matsumoto, pour son univers de science-fiction humaniste et philosophique, pour avoir créer le héros le plus classe de tous les temps: Albator ! Tsutomu Nihei, un autre mangaka mais à l’esprit complètement barré. Sam Lake, le responsable du scénario des jeux vidéo Max Payne 1 et 2, mais aussi le type responsable de mon envie d’allier ma passion pour l’écriture à celle des pixels animés et de mon envie de faire du jeu vidéo tout court. Neil Gaiman, parce que tout ce qu’il touche se transforme en or. Et aussi Kurt Sutter, Frank Herbert, Harold Ramis, Christopher Priest, Moore, Otomo…

En revanche, quel que soit le projet, la seule réelle tendance que je puisse revendiquer sur mes sources d’inspiration, c’est la musique ! Sol Sunburst est basé sur des chansons de David Bowie entre 69 et 74 ainsi que sur des éléments de sa vie quand il était Ziggy Stardust (les amateurs pourront chercher les références). Le roman Young Adult s’est écrit suite à l’écoute de Teenage Riot de Sonic Youth, dont j’ai emprunté le titre. Et les trois projets en cours vont – d’une façon ou d’une autre – être reliés à la musique.

Écrivez-vous en musique ? Si oui, quels genres écoutez-vous ?
La transition est toute trouvée, à croire que j’avais lu tout le questionnaire avant de m’y mettre… Et la réponse va de soi : oui ! Tout le temps ! Comme je disais la musique est un vecteur d’inspiration et m’aide à tous les niveaux du processus créatif. Même si dans les dernières phases, l’écriture/relecture, c’est essentiellement pour trouver le bon mood pour se mettre dans les scènes.

Pour le genre, j’affectionne tout particulièrement le rock et ses variations depuis la pop jusqu’au metal. Ma période de référence est indubitablement tout ce qui s’est fait dans les années 70, où l’Histoire du rock s’est écrite avec des groupes et artistes de légendes : Led Zeppelin, David Bowie, Kiss, Black Sabbath, Judas Priest, The Sweet, The Kinks, The Rolling Stones, Alice Cooper, Pink Floyd et j’en passe un quantité industrielle. J’aime bien la façon dont le genre a évolué (surtout capillairement) durant les années 80 et je pleure les années 90 qui ont signé sa mort et dont on ne retiendrait finalement que peu de groupes (Nirvana et les Smashing Pumpkins en tête).

Inutile de dire que dans tout ce qui se fait actuellement, en dehors de quelques artistes, j’ai du mal à m’y retrouver. Il n’est donc pas étonnant que mon support de prédilection soit le vinyle et que je puisse passer des heures à fouiller des heures dans les bacs… C’est une question sur laquelle je pourrais m’étendre des heures, mais je me suis donné comme objectif de boucler cette interview avant d’atterrir. C’est important les objectifs, surtout en écriture.

Quels sont vos projets à venir ?
Tous les titres ci-dessous sont provisoires, des noms de codes en attendant de trouver le titre qui claque. Sachant que, pour l’instant, 100% des noms de codes sont devenus les titres finaux…
  • Teenage Riot : une romance adolescente qui va sûrement se chercher un éditeur « classique » puisque le point final a déjà été mis. J’ai déjà posté quelques références d’écriture sur mon blog pour les plus curieux. De façon générale, j’essaie toujours de tenir informer mes lecteurs via ce blog au sujet des futures sorties ou des chantiers en cours.
  • Whole Lotta Love : une suite du précédent, actuellement dans la phase citée plus haut où on croit que j’en rame pas une.
  • Teenage Dream : une autre suite un peu indécise qui dépend de trop de facteurs pour réellement se pencher dessus…
  • Lithium Breed : un roman de SF historique, à moitié écrit et actuellement en pause car je dois faire des recherches pour le terminer au mieux.
  • Réveils : un cyberpunk noir, en cours de correction. Sauf retournement de situation, j’espère le sortir en 2015.
  • Atomic girl et moi : une nouvelle déjà publiée il y a quelques années que je compte ressortir bientôt sur Amazon/Kobo, probablement premier trimestre 2015
  • Child in Time : un roman de fantasy, lui aussi dans la phase recherche

Chat ou chien ? Thé ou café ?
Ni chat ni chien. Attention, hein, ça ne veut pas dire que je n'aime pas les bêtes à poil, à plumes ou à écailles ! Mais un animal implique des responsabilités qui m'ennuient rien que d'y penser : « Non, je ne te sortirai pas pour faire pipi, utilise les WC, comme tout le monde ! » « Non mais dis donc, tu crois peut-être que ta litière va se changer toute seule, tiens prends la pelle ? Quoi ? Non mais je me fiche que tu n'as pas de pouces opposables, débrouille-toi, c'est ton caca ! » :).
Et surtout, je suis sûr que je ne supporterai pas sa disparition, je m'attache trop ! Déjà que c'est pénible de dire au revoir à une série télé après plusieurs saisons, alors un animal…

Un thé, merci. Avec un sucre. Et si vous voulez me faire plaisir, au jasmin.

Avez-vous des passions en dehors de l'écriture ?
Plein. Sûrement trop. La première est intimement liée à mon vrai métier : les jeux vidéo. La seconde est le cinéma et son dérivé télévisuel avec les séries. La lecture, bien évidemment, avec une part non négligeable du budget consacré aux manga et aux comics en plus des romans. Je pratique aussi les soirées jeux de rôles et jeux de société quand l’occasion m’en est donnée. Je suppose que je dois également rajouter « écouter de la musique » pour être un minimum cohérent avec ce que j’ai dit précédemment. Je fais aussi un peu de course à pied, ce qui n’est rien de plus qu’une autre façon d’écouter de la musique, mais dans la douleur…

Quel est votre livre de chevet ?
Je viens de finir "Gardez le sourire, Jeeves" de P.J. Wodehouse. J’ai enchaîné sur "Armageddon Rag" de George R.R. Martin, un livre qui, curieusement, parle de musique dans les années 70. Pour le prochain, Othello, MacBeth ou le Roi Lear… Comme je disais, je vais un peu regarder Shakespeare pour mon projet fantasy !

Maintenant que nous vous connaissons un peu mieux, dites-nous tout : êtes-vous un auteur sadique ?
Je suppose que si je réponds « Non », Evy hurlera au mensonge ;).

Je ne me considère pas comme particulièrement sadique, mais j’aime indéniablement jouer avec les émotions et les certitudes du lecteur. Après, je conçois qu’on puisse trouver la façon dont je manipule l’histoire et les personnages assez frustrante, voir rageante. Je me défends en arguant que tout ce qui arrive dans mes écrits est le fruit d’une réflexion mûrie et qu’il arrive ce qui doit arriver pour le bien de l’histoire. Ça implique parfois des décisions radicales et croyez-le ou non, je suis le premier à souffrir.

L’exemple le plus parlant est la mort d’un personnage important. Pour le lecteur, ça peut surprendre et faire rager (à moins d’avoir écrit un personnage de la trempe de King Joffrey…). Pour moi, avant d’effectivement écrire la scène de mort, ce n’est qu’un concept, une étape sur ma feuille de route, un truc abstrait mais nécessaire. Et puis au moment de l’écrire, si j’en viens à regretter d’avoir pris cette décision des mois plus tôt parce que je me suis attaché au personnage notamment, je me dis que c’est la meilleure chose à faire pour l’histoire et ce personnage ! Si moi-même j’ai du mal à accepter la mort d’un personnage, qu’en sera-t-il du lecteur ? ;)

« Dura lex, sed lex », comme on dirait en toge. Je ne sais pas si c’est du sadisme, mais si c’est pour le bien de l’histoire, je ne fais pas de concession.

Une petite chose à rajouter ? Vous avez la parole !
Qui a mangé les Pépitos ?

Et pour finir, quels sont vos livres publiés ? 
A l’heure actuelle, j’ai publié exclusivement sur Amazon et Kobo. J’ai choisi de commencer cette activité par la publication de mon roman de science-fiction écolo-rock Sol Sunburst, pour moins cher d’un paquet de bonbons. J’en profite également pour souligner que j’ai pour objectif de donner une partie des bénéfices de Sol Sunburst au WWF. Une façon comme une autre d’ancrer ce livre dans la réalité et d’allier la pensée écologique du livre au geste responsable. Je n’ai pas encore eu l’occasion de rentabiliser mes frais et d’atteindre le point où je touche effectivement des sous sur Sol Sunburst, mais je ne désespère pas de faire un jour ce don au nom des lecteurs pour sauver les derniers pandas qui restent sur Terre…

J’accompagne ce dernier de deux nouvelles gratuites, Le Tabouret et la Zone, pour aider ceux qui ne me connaissent pas (donc beaucoup, beaucoup de monde) dans la découverte de mon style et de certains thèmes récurrents chez moi : la romance et le rapport au réel.

J’ai aussi ajouté à celles-ci une nouvelle inédite, Dolmen, pour un prix dérisoire. Même en achetant un paquet de Carambar, je pense que vous ne rirez pas autant qu’en compagnie de Nawell…




Un auteur, un livre, une chronique :

2169. Guerres, dérèglements climatiques et extinctions animales en série vont bientôt avoir raison d'une Terre qui se meurt, consumée par l’avidité et la négligence de l’Homme. Ultime solution pour sauver une espèce qui disparaît, introduire son génome à celui de l’homme et créer ainsi un animoïde : un être mi-homme mi-animal. Alors que le reste du monde semble déjà tourné vers la colonisation de Mars emmenée par le Major Tom, un groupe éco-terroriste animoïde – les Diamond Dogs – tente de sauver la planète de sa destruction prochaine. Sol Sunburst est un rocker dont les chansons prophétiques et son charisme font rapidement de lui un véritable Messie pour la nouvelle humanité. Il prédit l'apocalypse dans cinq ans. Trop peu pour Angela, la dernière recrue des Diamond Dogs qui s'est jurée de changer ce monde condamné...
Chronique : Sol Sunburst
Encore un Chapitre © 2014