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mardi 12 juillet 2016

Deuxième avis : Outlander tome 3 - Le voyage de Diana Gabaldon

mardi 12 juillet 2016
Attention si vous n'avez pas lu les tomes précédents !


  
Titre : Outlander, tome 3 : Le Voyage
Auteur : Diana Gabaldon
Edition : J'ai lu.
Description :

Vingt années se sont écoulées depuis le périple de Claire Beauchamp-Randall dans l’Écosse du XVIIIe siècle.
Si l’infirmière britannique a refait sa vie depuis, le souvenir de Jamie Fraser et des années tumultueuses vécues ensemble reste intact. Aussi, lorsqu’elle apprend qu’il a survécu à la sanglante bataille de Culloden ayant marqué la défaite de l’armée écossaise, elle se trouve confrontée à un terrible dilemme. En remontant une nouvelle fois le temps, retrouvera-t-elle celui qu’elle a quitté deux décennies auparavant ?



***

Alors que ma chronique commence à peine, je sens certains visiteurs d'Encore un Chapitre qui remercient le bon Dieu tant personne n'a cru que j'allais venir à bout du roman et que j'allais venir en parler par ici.

Je ne l'ai pas détesté, ce tome trois. Bien au contraire ! Je l'ai adoré de bout en bout mais ma motivation pour la lecture de manière générale a décliné de semaine en semaine et c'est comme cela que le livre a failli prendre la poussière... 

Avec ce troisième bloc de plus de mille pages, le lecteur est habitué maintenant à ce que la relation entre Claire et Jamie soit tourmentée, mise à l'épreuve (et c'est peu dire). Ici, chacun a le temps de reconstruire sa vie, de partir à la recherche de l'autre un petit nombre de fois, de prendre soin l'un de l'autre, de se retrouver entre-temps...etc. Comme d'habitude, l'auteur ne nous fait pas de cadeaux : il n'y a aucun temps mort ! 

Le danger est partout pour le couple et sous plusieurs formes (ou plutôt, sous forme de plusieurs personnages). Certains d'entre eux font leur retour alors que de nouvelles têtes font leur apparition. Il y en a même un qu'on ne retient pas forcément dans le tome 2 et qui revient en force dans le 3 ! Une belle surprise que d'apprendre à faire connaissance avec ce personnage, d'ailleurs !

Ce qu'il y a de complexe avec les deux personnages principaux, c'est que parfois, ils ont tendance à faire des choses que le lecteur a tendance à désapprouver mais cela ne va pas l'empêcher de les adorer toujours autant. Je pense notamment à ce que fait Jamie au début du roman (arf...). 

Cependant, malgré mon adoration pour cette saga, je crains une chose : que l'enchaînement des péripéties finisse par me lasser au fil du temps et des pages. Et je déplore également le petit manque d'enjeu et de suspense pour le tome 4 (je ne me permettrai pas d'en dire davantage...). J'espère que la suite restera à mon goût car c'est vraiment une histoire que j'adore jusque là malgré ses petits défauts ci et là !

Bilan :
Un troisième tome passionnant qui fait voyager le lecteur et qui ne le ménage toujours pas ! Lors de votre lecture, accrochez votre ceinture ! Attention toutefois au schéma potentiellement répétitif des péripéties et au risque d'essoufflement de l'intrigue dans les tomes à venir. 


Note : ★★★★

vendredi 19 juin 2015

Deuxième avis : Outlander tome 2 - Diana Gabaldon

vendredi 19 juin 2015


Titre : Outlander, tome 2 : Le Talisman
Auteur : Diana Gabaldon
Edition : J'ai lu.
Description :

1968. À la mort de son mari, l'historien Frank Randall, le Dr Claire Beauchamp-Randall emmène sa fille Brianna en Écosse, sur les lieux mêmes où, vingt ans plus tôt, elle a vécu d'extraordinaires aventures. Là, elle révèle à sa fille le terrible secret qu'elle n'a jamais dévoilé depuis qu'elle fut retrouvée inanimée au pied d'un menhir, dans un ancien site mégalithique... après trois années d'une absence inexpliquée. 
1744. Après avoir fui l'Écosse où ils sont hors la loi, Claire et son jeune époux Jamie se sont réfugiés en France. Ils attendent un heureux événement, mais une menace plane sur leur bonheur : la terrible répression qui attend les Highlanders si le prince Charles-Édouard Stuart persiste dans ses projets d'invasion de l'Écosse. Claire et Jamie décident donc de tout faire pour modifier le cours de l'Histoire et empêcher ce massacre...

***


Attendre la deuxième partie de la saison 1 de la série était compliqué (attendre plus de six mois la suite des aventures de Claire, vraiment ?). Alors, c'est ainsi que j'ai décidé de dévorer les livres.

La saison 1 est finie depuis quelques semaines maintenant et je viens tout juste de terminer la lecture du tome 2 qui sera adapté dans la saison 2 de la série l'an prochain.


Une lecture pour laquelle il faut s'accrocher

Avec Le Talisman, on peut dire que Diana Gabaldon n'a pas peur de se fâcher avec son lecteur. Dès les premières lignes, le message est clair : c'est l'auteur qui commande et elle a bien l'intention de faire ce qu'elle veut de ses personnages et de jouer avec les nerfs du lecteur. Et je dois dire que j'ai mis pas mal de temps avant d'arrêter de la détester pour m'avoir fait ce coup-là ! L'attachement que le lecteur développe envers les personnages joue beaucoup dans la frustration du lecteur : combien de fois j'ai piqué des petites colères quand tout ne se déroulait pas comme je le voulais ? Malgré tout, il était hors de question d'arrêter la lecture. J'ai pris mon temps mais j'en suis venu à bout.

Un deuxième tome qui s'appuie sur les points forts du premier

Malgré ce dépaysement totalement inattendu dans les premières pages, on retrouve de nombreux échos au premier tome, accentuant cette impression que l'on retrouve sa famille et son lot de souvenirs (et d'histoires inachevées). Le deuxième tome n'a pas oublié tout ce qu'a fait le premier, toute son ambiance, son humour, sa complexité et c'est quelque chose de très agréable. Le côté historique de la saga n'est pas mis de côté, bien au contraire, puisque l'Histoire et l'intersection entre le passé et l'avenir est la préoccupation majeure de Claire et Jamie dans Le Talisman.

Des nouveaux personnages secondaires

Bien que j'ai apprécié de voir que certaines choses ne changeaient pas, j'ai beaucoup aimé certains des personnages secondaires qui apportent un peu de sang neuf au roman. A titre indicatif, je voulais indiquer combien de nouveaux personnages font leur apparition mais je me perds dans le décompte... C'est ce qui fait le charme du roman, on se trouve dans un univers situé dans le passé mais avec tous ces personnages qu'on apprend à connaître, on l'apprivoise de plus en plus ce passé.

Les déplacements et les retournements de situation qui donnent le vertige

Des fois, on pourrait aisément résumer certains chapitres de la sorte : "Mon Dieu ! Pas ça ! Oh enfin ! Non pas ça ! Quoi ? Ils bougent déjà ? Non pas ça ! Quoi ? Ils bougent encore ? Mon Dieu ! Non !". De manière plus explicite, D. Gabaldon est très gourmande des retournements de situation, quitte à les enchaîner les uns aux autres sans ménagement tout en n'ayant pas peur d'attraper la bougeotte. Après tout, le voyage, c'est la santé !

Une histoire d'amour mouvementée

Claire et Jamie... Quand on fait le bilan de ces 930 pages et quelques, on comprend très vite qu'ils en ont vécu des choses ! Des choses inacceptables parfois mais c'est ce qui fait la force de ce couple. Je ne vous cache pas que mon petit côté fleur bleue s'attend à ce qu'ils finissent ensemble à la fin, voyez-vous... Que l'auteur m'entende ! C'est elle qui commande, rappelons-le...

Parlons un peu de la fin

Les deux dernières parties étaient pure folie ! Autant, je m'attendais à l'élément déclencheur de la fin, autant la beauté des scènes, les révélations finales (en particulier la toute dernière), je ne m'y attendais pas. Déjà que j'ai entendu beaucoup de bien du tome 3 Le voyage, mon impatience d'en commencer la lecture est de plus en plus grande !


Bilan

Coup de cœur qui se confirme malgré le fait que l'auteur joue avec nos nerfs. Cependant, le lecteur se remet vite dans le bain avec toujours cette incapacité à décrocher et cette volonté grandisse de savoir la suite !



Note : ★★★★

dimanche 12 avril 2015

Point de fuite - Svetlana Kirilina

dimanche 12 avril 2015
Résumé :
Margot se traîne la poisse depuis sa plus tendre enfance. Elle ne compte plus les doigts coincés dans les portes, les vases cassés ou les chevilles foulées. Elle ne compte plus les séjours à l’hôpital ou les accidents inexpliqués. Pour elle, la routine est synonyme de survie. Parce qu’elle l’a remarqué – quand on ne laisse aucune place au hasard, la poisse devient plus timide. Sauf que les choses ont parfois du mal à rester tranquilles et quand la routine vole en éclats, c’est un chemin tout nouveau qui se déroule devant elle.

Titre : Point de fuite
Auteur : Svetlana Kirilina
Édition : Auto-Edition

***

Après Quatorze Minutes et Quand la mousse pousse, je ne pouvais absolument prendre la fuite à la sortie de Point de fuite. Surtout que je l'ai vue naître de mes propres yeux, cette petite histoire et je suis bien content d'ajouter la version papier à ma collection "Svetlana Kirilina".

Un duo improbable
David et Margot, un duo improbable. C'est peu dire quand je repense au début de l'histoire. D'un coté, on a Margot, une jeune femme attachante par sa poisse. Mais il y a aussi David. Vous voulez savoir qui est David ? Il va falloir ouvrir le livre, je ne dirais rien... Petit à petit, ce duo va devenir de moins en moins improbable et c'est là que la magie du roman opère. Parvenir à harmoniser deux personnages que tout oppose aux premiers abords, c'est un vrai défi que l'auteur a su relever avec brio !

Un humour savoureux
Au fil des pages, l'auteur ne se gêne pas pour parsemer des anecdotes poisseuses autour du personnage de Margot. Ces anecdotes, aussi anecdotiques soient-elles, se dévorent comme du petit lait et tendent à faire sourire. Cependant, autre chose m'aura fait sourire à la lecture : la capacité qu'a eue l'auteur de s'inclure dans l'histoire par le biais d'une simple phrase qui m'aura marqué : "Ça l'aurait étonné moyen qu'un auteur aux neurones défaillants soit derrière toute l'intrigue". C'est tout subtil, tout discret mais je reconnais bien là l'auteur de Point de fuite. Ceci est la preuve que la défaillance de neurones n'est pas systématiquement une mauvaise chose en soi.

De l'humour mais des passés torturés aussi
Margot, comme David, ont chacun des casseroles derrière eux et la révélation de leur passé respectif rend le lecteur encore plus attaché à ces personnages. Et quand on connait le passé des deux, c'est là que le lecteur s'aperçoit que les deux ne sont pas si diamétralement opposés que ça.

Du thriller à ne pas oublier
Le mystère est présent dès les premiers chapitres. Pourquoi Margot et David agissent comme ils le font ? Pourquoi fuir ? Des questions qui ne resteront pas sans réponse, le lecteur étant littéralement en apné durant les derniers chapitres tant le suspense devient intense.

Romance ou pas romance ?
Au cours de la lecture, on ne peut s'empêcher de vouloir Margot et David en couple. Mais l'auteur en a-t-il décidé autrement ? Ce même auteur ne préférerait-il pas plutôt jouer avec les nerfs de son lecteur ? Un petit point d'interrogation qui m'aura bien hanté lors de ma première lecture (eh oui, je n'en étais pas à mon premier coup d'essai avec cette version papier). A maintes reprises, je me suis surpris à harceler l'auteur pour avoir ma fin heureuse. A vos risques et périls si vous voulez voir si ça a fonctionné ou non...

Bilan
Sans surprise, ce roman est un véritable coup de coeur, une lecture qui fait du bien et permet de s'évader dans la poisse et autres contrariétés le temps d'une soirée.



Note : ★★★★★


mardi 24 mars 2015

A copier 100 fois - Antoine Dole

mardi 24 mars 2015
Résumé :
Papa m'a dit 100 fois comment il fallait que je sois.» Et surtout, «pas pédé». La consigne est claire et quand le héros de ce livre, 13 ans, se fait harceler par les gros bras du collège, impossible d'appeler son père à l'aide. Heureusement qu'il y a Sarah, qui n'a pas peur, elle. 
Mais la question reste : comment se faire aimer d'un père qui vous rejette pour ce que vous êtes ?

Titre : A copier 100 fois
Auteur : Antoine Dole
Édition : Sarbacane

***

Aujourd'hui, je fais une petite pause dans Outlander pour vous parler d'une de mes trouvailles au salon de littérature jeunesse auquel je me suis rendu le week-end dernier : A copier 100 fois.

Un texte court à lire intégralement une fois
Ce n'est un secret pour personne par ici que je commence à être habitué aux lectures longues (pour ne pas citer Outlander) et je dois dire que ça fait du bien à la tête de pouvoir s'évader une petite demi-heure dans un livre tout nouveau. Livre qui se lit admirablement bien et la lecture facile permet au lecteur de recevoir de but en blanc le message que cherche à transmettre le livre.

Un réalisme poignant
Le réalisme frappe d'emblée par le style employé par l'auteur : le lecteur assiste là à un témoignage réaliste d'un collégien harcelé par les autres, incapable d'appeler à l'aide et intériorisant tout son mal-être. En plus de la violence au collège, il est également question de la relation père/fils qui souffre de la différence. D'ailleurs, le récit en est rythmé par les nombreux "Papa m'a dit cent fois". Petit à petit, le cœur du lecteur se serre devant cet adolescent en souffrance et on ne peut s'empêcher d'avoir de la peine pour le personnage.

La fin qu'on redoute
Aux vues de l'histoire, j'avoue que je redoutais les dernières pages, ayant peur que l'histoire se finisse de manière tragique. Ceci dit, je ne dirais rien sur le dénouement pour ne pas trop en dire sur l'histoire...

Bilan 
Une lecture surprise qui bouleverse mes habitudes de lecteur mais qui rappelle, sans conteste, que le rejet face à la différence est encore d'actualité, le style de l'auteur et les mots employés frappant de plein fouet le lecteur qui s'aventure dans le roman.



Note : ★★★★★


dimanche 25 janvier 2015

Deuxième avis : Quand la mousse pousse - Svetlana Kirilina

dimanche 25 janvier 2015
Résumé :
La mousse n’est pas rapide. Elle pousse tranquillement dans son coin, elle attend qu’on l’oublie… Et quand on s’y attend le moins, elle passe à l’attaque !

En tout cas, c’est ce que croit dur comme fer l’exterminateur. Forcément, son seul but dans la vie est de se débarrasser de la mousse.

Mais les temps changent. Les champignons ne courent plus et les noisettes ont oublié leurs tendances révolutionnaires. Peut-être que la mousse aussi a décidé de rendre les armes.

Peut-être. Ou peut-être pas.

Titre : Quand la mousse pousse
Auteur : Svetlana Kirilina
Édition : Auto-Edition


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Étant un grand fan de Svetlana Kirilina, il était impensable de passer à côté de Quand la mousse pousse. Mais la mousse valait-elle la peine de faire une pause récréative entre deux tomes d'Outlander ?


Du full-dialogue qui se déguste comme du petit pain

Le full-dialogue ! Je voue un culte au full-dialogue grâce à l'auteur et Quand la mousse pousse ne m'a pas déçu. Les répliques s'enchaînent avec une facilité déconcertante. Le lecteur reconnaît les personnages à leur manière de parler alors que rien n'indique dans le texte qui parle à qui dans chacun des chapitres, montrant ainsi que l'auteur maîtrise parfaitement chacun de ses personnages. Sans descriptions, il est possible de rentrer et d'adhérer pleinement au texte et c'est ça la magie de Quand la mousse pousse !


De l'humour de partout

Qu'est-ce que j'ai pu rire avec la mousse ! Voici un petit exemple de gag qui m'aura fait sourire du début à la fin :

– Je veux être aubergineur.
– Auber-quoi ?
– Aubergineur.
– C'est les mecs qui s'occupent des auberges ?
– Non. Ceux qui cultivent des aubergines.

Et des répliques qui font mouche, ce n'est pas ce qui manque du côté de la mousse qui pousse. Vous avez un rafistoleur qui répare des vases, des écureuils dont il faut se méfier, une histoire d'amour improbable. Il paraît même que l'acide est plus efficace si la bouteille est inclinée à quarante-deux degrés, que les sardines se nourrissent de crabes et que les pieds repoussent tout seul...


Des questions sérieuses derrière la mousse

Eh oui ! Quelle place a la mousse dans cette société à part constituée de guildes ? Est-elle un danger ou une espèce à protéger ? Sans oublier la fameuse loi qui autorise à changer de métier qu'une fois dans une vie... Quelles conséquences pour cette société habituée à respecter le choix de l'aiguille ? En y réfléchissant (et c'est assez bizarre d'écrire ça), ces questions de société donnent un certain côté sérieux au livre, remettant en question le fonctionnement d'une société qui ne tourne sans doute pas rond. C'est ce subtil mélange de tons qui fait le charme de Quand la mousse pousse : on se pose de vraies questions qu'on serait nous-mêmes en droit de se poser mais ces questions ont lieu dans un contexte totalement absurde.


Bilan

Une pépite que je conseille vivement pour se détendre avant d'aller dormir. Un roman entièrement dialogué, de l'absurde, permettant d'aborder des questions de société pouvant faire écho avec la nôtre.


Note : ★★★★★

mardi 13 janvier 2015

Deuxième avis : Outlander tome 1 - Diana Gabaldon

mardi 13 janvier 2015
Résumé : 
1945. Claire passe ses vacances en Écosse, où elle s'efforce d'oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d'une balade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange. Claire aura tôt fait d'en découvrir la raison : en s'approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d'un champ de bataille. Le menhir l'a menée tout droit en l'an de grâce 1743, au cœur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saura-t-elle revenir à son existence d'autrefois ?

Titre : Outlander, tome 1 : Le Chardon et le Tartan
Auteur : Diana Gabaldon
Edition : J'ai lu


***


Ayant vu les huit premiers épisodes de la saison 1 de la série adaptée des romans en août et septembre dernier, je n'ai pas pris un très grand risque en me jetant sur ce premier tome de plus de 800 pages.

Première chose à noter, la série est extrêmement fidèle aux livres jusque là, ce qui m'a permis de reprendre l'histoire du début en ayant enfin la suite tant attendue (parce que se tourner les pouces jusqu'en avril pour avoir la suite de la série, c'était impensable...) ! 


Un roman addictif

Et comment ne pas l'être ? A partir du moment où Claire Beauchamp atterrit en 1743, impossible de se détacher du livre (même si la quatrième partie peut faire peur avec ses deux chapitres de 70 et 50 pages. Même ici, pas besoin d'être en apnée durant la lecture !). Tout se lit comme du petit pain et à la minute où j'ai fini la septième partie hier soir, j'ai senti que j'étais d'ores et déjà en état de manque ! Les multiples péripéties qui s’enchaînent quasi sans aucun temps mort ne laissent pas au lecteur le temps de souffler et tant mieux ! De fait, les personnages sont un peu malmenés mais rien de bien méchant (quoique...). Et c'est parce que personne n'est jamais tranquille que la lecture doit continuer ! Il faut bien savoir à un moment donné si un tel va s'en sortir ou se retrouver brûlé vif voire pendu... Non mais vraiment, pauvres personnages en fait... Mais c'est pour ça qu'on les aime ! Oui, oui !  

L'Histoire dans l'histoire et le souci du réel

Forcément, je n'ai pas vécu en Écosse au XVIIe siècle mais le contexte historique et les mentalités et le quotidien des Highlanders et des Anglais sont tout ce qu'il y a de réaliste, à mes yeux. Surtout que les personnages se déplacent beaucoup, ce qui permet de se confronter à divers paysages (je pense notamment à l'Inverness de 1945, à Craigh na Dun, à Leoch mais aussi à Lallybroch). De plus, le personnage de Claire, provenant du XXe siècle, permet la comparaison de deux époques, petit exercice auquel s'adonne également le lecteur. En plus du côté historique, le lecteur perçoit très bien que l'auteur s'est également renseignée du côté des végétaux, des soins prodigués autrefois. Autant de réalisme qui fait plaisir à lire ! 

Une place importante donnée au passé des personnages

Claire est une femme qui débarque dans un univers totalement inconnu. Par conséquent, il est nécessaire de lui expliquer un peu tout ce qui se passe, toutes les petites histoires et intrigues entre Highlanders et Anglais que l'on ne trouve pas obligatoirement dans les livres d'Histoire, à savoir les rumeurs et ragots de Leoch, des soupçons de sorcellerie ou encore le vécu (et non des moindres) du fameux Jamie ! Quand on y réfléchit, en se baladant à cheval durant plusieurs jours et assez fréquemment, il faut bien avoir des choses à raconter et à confier... Autrement, ce serait un peu triste. Quand les personnages ne sont pas occupés à sauver l'un des leurs ou à gérer une affaire pressante, ces petits moments où on en apprend un peu plus sur chacun sont des moments que j'ai particulièrement aimé. On voit pour chacun tout le chemin parcouru, autant géographique que psychologique. Et on en redemanderait presque ! 

Un problème majeur au centre d'une narration à la première personne

Effectivement, et j'aurais peut-être dû commencer par là, le roman est écrit à la première personne, selon les yeux, les oreilles et les méninges de Claire. Comme elle, on découvre un univers qui nous est inconnu. Comme elle, on essaie de s'adapter. Et comme elle, on se demande comment elle va faire pour retourner à son époque. Peut-elle y arriver ? Va-t-elle tomber sous le charme du passé ? Peut-elle se perdre dans les couloirs du temps ? Un questionnement qui se transforme vite en dilemme et nous poursuit tout au long de ce premier tome.  

Malgré un côté réaliste, du fantastique

Par petites touches, le fantastique est présent dans Outlander. Eh oui ! Après tout, l'histoire commence bien par un voyage dans le temps via un menhir. La frontière floue entre fantastique et superstition fait aussi le charme du roman.  

Une histoire d'amour épique

Évidemment, toute saga qui se respecte a besoin de romance. Alors ? De qui s'agit-il ? Je fais le pari audacieux de ne rien révéler à ce sujet (pour ceux qui n'auraient pas lu) si ce n'est que le lecteur attend cette romance avec impatience et que niveau rebondissements, il va être servi tellement cette relation va s'avérer tumultueuse, passionnelle, compliquée, voire même dangereuse...

Parlons un peu de la fin

Ce premier tome se finit tout naturellement, sans compter sur la petite surprise des dernières lignes, histoire de jouer quand même avec les nerfs du lecteur hystérique jusqu'au point final. Après tout, c'est légitime : il faut donner envie de lire le second tome ! Ce que je ne tarderais pas de faire une fois que le facteur m'apportera le tome 2 ! 

Bilan

Coup de cœur pour ce début de saga mêlant Histoire, folklore, romance et suspense, avec un style assez fluide et des personnages plus qu'attachants : qu'on adore adorer ou qu'on adore détester...


Note : ★★★★★
 

mardi 4 novembre 2014

Éveille-moi - Christie Bronn

mardi 4 novembre 2014

Titre : Éveille-moi
Auteur : Christie Bronn
Édition : Éditions de la Reine
Description :
« Il m’a retrouvée, j’ai dû fuir à nouveau et quitter Toulouse.
Je me suis réfugiée à Paris, auprès d’Hugo, le seul qui connaisse mon enfance torturée. J’y ai rencontré Ethan, homme de pouvoir, séduisant et mystérieux. Immédiatement attirés l’un par l’autre, nous avons entamé une relation physique, dictée par des règles strictes, afin de gérer notre besoin mutuel de domination et de contrôle.
Sera-t-il l’homme qui m’éveillera à l’amour ? »
Ce premier roman de Christie Bronn nous plonge dans l’intimité d’une écorchée vive. D’un réalisme saisissant, ce journal provoque et renvoie aux fibres profondes de notre être, là où naissent la haine, la colère et l’amour.

***

Voici ma première chronique sur Encore un chapitre. A vrai dire, c'était également la première fois que je lisais un roman en format numérique. Un grand merci à aux Éditions de la Reine pour m'avoir donné accès à cette version de son roman.

Une construction intéressante

Dès le début de chaque chapitre, Emily Maricourt, le personnage principal, s'adresse à son journal intime avant de commencer le début de son récit. Ces extraits de journaux intimes permettent à la fois de récapituler les événements tout en donnant des pistes sur la contenance du chapitre suivant. Une bonne initiative qui permet de surcroît de constater qu'elle se livre au lecteur de la même manière qu'elle se livre dans son journal. 
En plus de cela, quelques passages peuvent se rencontrer en italique, en dehors des extraits de journaux : l'auteur nous donne l'occasion durant ces moments d'avoir accès aux pensées d'Emily telles quelles, sans fioritures ni distance imposée par le récit.

Des personnages attachants et une importance accordée aux sentiments et aux émotions

Emily, Hugo, Ethan, et même Céline. Autant de personnages présents avec qui l'on ne peut s'empêcher de sympathiser même si, pour Emily et Ethan, l'affection est d'autant plus grande puisqu'ils sont mis en avant dans le roman. Ethan est-il ce qu'il faut à Emily pour aller de l'avant ? Ne va-t-il pas profiter de la faiblesse apparente de la jeune femme ? 
En effet, le roman à la première personne se consacre à Emily et sa tentative de vivre et profiter du présent en dépit du passé. Et si le passé la rattrapait ? Et si elle commettait une erreur en vivant au grand jour ? Est-elle amoureuse ? A-t-elle droit au bonheur ? Que de questions qui laissent cette jeune femme dans un tourbillon d'émotions qu'elle essaie de comprendre et d'apprivoiser tout au long du roman. 

Une épée de Damoclès au-dessus de la tête de l'héroïne

Écrivant à ses heures perdues et passant son temps dans un bureau à corriger des fautes de grammaire et d'orthographe dans les romans des autres, Emily et le lecteur ne doivent pas oublier cette épée de Damoclès qui flotte sur la tête de l'héroïne : son passé peut revenir à tout moment. Peut-être ? Peu probable ? Assurément ? Quand ? Comment ? Quels dommages collatéraux ? 
Petit à petit, le lecteur comprend ce qu'il s'est passé pour que la jeune femme soit aussi fragile et apeurée au moment du récit et a également des preuves du caractère acharné du passé en question. Un passé détestable.
Mais ce passé a-t-il décidé de s'acharner sur Emily jusqu'à son dernier souffle ou est-il possible qu'il ne vienne jamais ? En attendant, que faire ? Attendre l'inévitable ? Vivre normalement en prenant le risque d'être retrouvée ? Un dilemme qui s'offre à Emily à chaque coin de rue. Et c'est tout particulièrement ce que j'ai aimé dans ce roman : ce suspense, cette confrontation qui aura lieu ou non, le doute permanent tellement le souvenir du passé peut suffire à détruire ce personnage.

Quelques petites frustrations de lecteur

Au fil de ma lecture, j'avoue m'être retrouvé un peu frustré et avoir éprouvé certaines craintes quant à ce roman. Effectivement, j'ai eu vraiment peur de faire inconsciemment le parallèle entre Éveille-moi et Cinquante nuances de Grey (relation selon certaines règles, l'homme qui paraît irrésistible à qui l'on peut rien refuser, contrôle et domination dans la relation physique). Ayant interrompu ma lecture du roman de E. L. James, j'ai craint de devoir faire la même chose avec Éveille-moi. Point du tout. En réalité, même si je ne suis pas friand des passages en lien avec l'intimité d'Emily et Ethan, il y avait quand même un intérêt, une évolution à montrer, une tentative de tourner la page avec le passé et de trouver le bonheur.
De plus, et ce que je vais dire est plus subjectif et non un reproche en soi mais j'aurais peut-être aimé des scènes dans le passé, que ce soit durant son enfance, confrontée au passé en question ou durant sa vie à Toulouse. Cela aurait cassé l'aspect linéaire du récit et je comprends tout à fait le choix de l'auteur.
Enfin, parlons de la fin justement. Il faut savoir que je suis de plus en plus difficile avec les fins de roman. J'aime les fins qui me choquent, qui me traumatisent et ici, ce n'est pas ce que j'ai eu même si l'auteur donne à ses lecteurs une fin très satisfaisante par rapport à l'histoire qu'elle raconte.

Bilan 

Un roman à la première personne, mêlant du journal intime au récit, dans lequel les amateurs de suspense et de romance peuvent trouver leur compte.

Note : ★★★☆☆

Partenaire :



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