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mardi 29 décembre 2015

Le Vivant par Anna Starobinets

mardi 29 décembre 2015
Résumé : Dans un futur lointain, les humains sont connectés via des implants à un réseau commun. Ensemble, ils forment un organisme unique, le « Vivant ». La mort n’y existe pas : dès qu’un individu est « mis sur pause », son code génétique renaît dans un nouveau corps. Le nombre d’humains est constant – trois milliards :
Le Vivant vacille sur ses bases lorsque l’impensable survient un homme naît. Il est sans code, sans patrimoine, il n’est la réincarnation de personne. On l’appelle Zéro. Placé sous étroite surveillance, il devra trouver des réponses sur son identité dans un monde réputé parfait…
Anna Starobinets déploie les codes de la littérature d’anticipation pour interroger d’une manière glaçante les traumas de nos civilisations virtuelles.

Titre : Le Vivant

Auteur : Anna Starobinets

Edition : Mirobole


***

Aujourd'hui, je reviens vous parler du cas Anna Starobinets et de son roman le Vivant. Cette fois-ci l'auteure nous propose une dystopie où il est question d'un monde où les hommes sont tous connectés au « Vivant », une entité qui leur permet de ne pas mourir et de se réincarner, le tout en s'assurant que le nombre de population reste à trois milliards. Si la machine marche plutôt bien, il s'avère qu'un jour, une femme tombe enceinte d'un enfant, qui n'a pas été réincarné et que l'on décide de nommer Zéro vu qu'il n'a jamais existé jusqu'ici…

Ce que j'aime bien avec Anna Starobinets, c'est que je me retrouve à regarder certaines choses d'un autre œil après l'avoir lue. Cette fois-ci, ce sont donc les réseaux sociaux, dont je ne suis pas forcément une grand fan à la base, qui y ont eu droit. Non parce que l'auteur raconte un monde où les gens sont tous connectés entre eux. Ils communiquent au travers de strates, qui leur ont fait perdre le contact avec la première. Ils sont aussi sur surveillance constante, notamment au niveau de la pause avant la réincarnation. Au début, ils reçoivent des messages aimables pour les inciter à songer que l'heure est venue. Puis au fil des années, le message devient moins sympathique jusqu'à ce que des individus viennent les chercher dans le cas où l'être humain ne voudrait vraiment pas prendre sa pause obligatoire. Un autre concept est aussi sympathique, celui qui consiste à enfermer ceux qui ont commis des crimes dans leur vie antérieure pour les rééduquer… du moins officiellement…

Personnellement, j'ai trouvé que cela sonnait comme un écho, plutôt désagréable à l'actualité de notre époque. (D'ailleurs, j'ai deux trois exemples qui me viennent en tête) Résultat, ça donne encore plus de poids à cet ouvrage, qui est tout simplement glaçant par certains aspects. J'ai apprécié les personnages, qui ne sont pas unidimensionnels. Ils sont complexes, ils évoluent au fil des pages, notamment Zéro dont l'existence est ponctuée d'embûches, et ils sont terriblement humains. Après il faut faire l'effort de s'accrocher car certains passages ne sont pas toujours simples à comprendre à la première lecture, mais ça en vaut la peine car c'est clairement un ouvrage qui fait réfléchir. Pour moi, il est dans la lignée d'un 1984 ou d'un Fahrenheit 451, à lire au moins une fois dans sa vie. Alors si vous croisez sa route, n'hésitez pas à faire un bout de chemin avec lui ! 


Verdict ♥ ♥ ♥ ♥ 

Indispensable !

 

mercredi 16 décembre 2015

Je suis la reine par Anna Starobinets

mercredi 16 décembre 2015


Résumé : Tous les enfants s’inventent des règles à respecter. Mais pour Sacha, transgresser les Règles pourrait avoir de terribles conséquences. Lorsque Dima monte dans le train, il est loin de se douter qu’il va retrouver sa famille – une famille qu’il n'a jamais vue. Oublier une soupe dans un réfrigérateur peut avoir des répercussions inattendues. Que s’est-il vraiment passé ce chaud dimanche d’août pour que Maxime, huit ans, change au point d’affirmer à sa mère : «Je suis la reine»? Il y a quelque chose d’étrange chez Yacha, ce matin, mais quoi? Est-ce vraiment son cœur qui s’est arrêté de battre?





Titre : Je suis la reine
Auteur : Anna Starobinets
Édition : Folio SF


***


Aujourd'hui, je vais bouleverser l'ordre de mes chroniques (encore cinq ou six de retard) pour vous parler d'un ouvrage que j'ai fini récemment : Je suis la reine par Anna Starobinets. Ce n'est pas un roman, mais un recueil de six nouvelles, qui ne devraient pas laisser le lecteur indifférent.

Pourquoi ? Parce que ce sont des histoires glauques à glacer le sang. D'ailleurs la première nouvelle, les Règles met directement dans l'ambiance. Après la chute, je ne verrais plus jamais les TOC de la même façon, ni même les enfants d'ailleurs. Quoique je les trouvais déjà inquiétants de base. S'ensuit, la Famille, une nouvelle où la frontière entre réel, folie ou fantastique se trouble au fil des pages jusqu'à une conclusion tout aussi charmante que la précédente. J'attends est la troisième nouvelle, qui change de registre afin d'offrir au lecteur une histoire où la surprise sera de mise en compagnie d'une pointe d'humour plutôt appréciable. J'ai trouvé que c'était parfait d'alléger un peu l'atmosphère avant que n'arrive la quatrième nouvelle du recueil : Je suis la reine. Elle donne le titre au recueil, elle est aussi la plus longue du lot et la plus glauque à mes yeux. Au travers des yeux d'une mère, le lecteur assiste au changement chez son enfant, après une simple maladie… et l'horreur va monter au fil des page. C'est la nouvelle la plus aboutie à mes yeux, avec des personnages auxquels on parvient à s'attacher et un mystère qui intrigue jusqu'à la conclusion… perturbante ? Sombre ? Glauque ? Peut-être les trois à la fois. Néanmoins, pas le temps de s'attarder puisqu'une cinquième nouvelle frappe à la porte : l'Agent. Je l'ai trouvée réussi jusqu'à sa chute aussi prévisible que frustrante. Il manquait un je ne sais quoi pour qu'elle soit percutante. Quant à la dernière nouvelle, l'Eternité selon Yacha, elle opte pour un ton où l'absurde va dominer au travers d'un héros dont le cœur ne bat plus, mais qui continue d'exister. Il va se retrouver à faire face à la réaction de ses contemporains, ce qui va donner lieu à des moments surréalistes jusqu'à une conclusion, qui est loin d'être celle d'un happy end…

Et moi j'ai adoré cette plongée dans l'univers d'Anna Starobinets. J'ai aimé sa plume capable de décrire l'horreur sous différentes formes, de le faire avec une efficacité redoutable et qui m'a captivée. Résultat, j'avais à peine fini ce recueil que je me procurais Le Vivant, un roman écrit par cet auteur et dont le début m'a d'ores et déjà happé (et fait lâcher tous mes ouvrages en cours !) En somme, je vous recommande fortement de découvrir la plume d'Anna Starobinets avec ce recueil de nouvelles. De mon côté, je reviens bientôt pour vous dire ce que j'ai pensé de son roman !


Verdict : ♥ ♥ ♥ ♥

Coup de Cœur





Encore un Chapitre © 2014