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lundi 6 février 2017

Celle dont j'ai toujours rêvé par Meredith Russo

lundi 6 février 2017
Résumé : Pour devenir celle dont elle a toujours rêvé, Amanda a parcouru un chemin très éprouvant mais c’est l’amour de Grant qui va l’aider à achever sa destinée.



Amanda Hardy arrive dans un nouveau lycée. Comme beaucoup, elle souhaite avant tout s’intégrer. Mais malgré sa popularité, un secret l’empêche de s’ouvrir vraiment aux autres.



Sa rencontre avec Grant remet tout en question. Il est le premier garçon qui parvient à lui faire baisser sa garde. Alors qu’ils passent de plus en plus de temps ensemble, Amanda comprend qu’en se protégeant ainsi, elle passe à côté de sa vie. Elle sait qu’elle doit se faire violence et lui révéler qui elle est vraiment, mais elle est terrifiée à l’idée que cela le fasse fuir…


Titre : Celle dont j’ai toujours rêvé

Auteur : Meredith Russo

Edition : Pocket Jeunesse


Il est 2 h du matin. J’ai fini Celle dont j’ai toujours rêvé écrit par Meredith Russo. Je l’ai lu parce qu’il était conseillé par Cindy Van Wilder, toujours de bon conseil. Je devrais être couchée. Mais non.

Je dois vous parler d’Amanda. Son histoire ne m’a pas laissée indifférente. Il est question d’une fille enfermée dans le corps d’un garçon sauf que le roman ne débute pas à cet instant-là. Il commence quand Amanda est une fille à l’intérieur et à l’extérieur. Il est question de la peur qu’elle ressent à l’idée qu’on découvre qu’elle est née garçon. À l’idée de revivre des souffrances passées. Il est question de la voir vivre sa vie.

L’autrice nous pousse à suivre Amanda dans sa nouvelle existence. De temps en temps, le passé s’invite afin de nous parler de certains moments-clés, utiles pour mieux saisir le présent de la jeune femme. Alors oui, l’amour est présent, mais j’ai trouvé que l’amitié et la relation entre Amanda et son père prenaient le dessus. D’ailleurs, la fin confirme un peu cette impression. L’essentiel n’est pas forcément qu’Amanda rencontre l’amour. Non le principal était qu’Amanda s’accepte. Qu’elle accepte que les autres puissent la voir comme elle se voit et l’aiment pour cela.

Et il y a aussi cette phrase, qui marque : « Mieux vaut n’importe quoi, n’importe qui, qu’un fils mort. » (page 19)

Mais cette mère. Que dire de cette mère ? Si ce n’est que j’ai aimé cette femme. Comme j’ai aimé Layla.

Certains passages font mal. D’autres sont beaux. J’aurais peut-être aimé que l’on s’attarde davantage à certains instants pour ajouter une couche de profondeur à cette histoire, pour aller plus loin. Après j’ai aimé le traitement de la relation entre Amanda et son père.

Puis il y a le mot de l’autrice. Où j’ai réalisé qui je n’étais pas. Du coup, je crois que ce livre, je vais vraiment avoir du mal à l’oublier.

Alors oui, je conseille Celle dont j’ai toujours rêvé. Et plutôt deux fois qu’une. 


Verdict : Indispensable

lundi 9 janvier 2017

[Comics] Bitch Planet, Volume un : Extraordinary Machine par Kelly Sue DeConnick et Valentine De Landro

lundi 9 janvier 2017
Résumé : Seule une vraie femme peut survivre à... Bitch Planet !

Le futur. Le monde est gouverné par le diktat des hommes. Les femmes qui ne se plient pas aveuglément à leur volonté doivent être « rééduquées ». À l issue d un discours évangélisateur psalmodié en boucle dans leur sommeil, elles sont expédiées dans l établissement auxiliaire de conformité, une prison pour femmes en orbite au-dessus de la Terre. Ces rebelles qui rejettent les règles masculines vont ainsi découvrir les joies de la vie carcérale dans cette boîte de métal que l on appelle « Bitch Planet. »


Titre : Bitch Planet, volume I : Extraordinary Machine

Auteur : Kelly SuDeconnick et Valentine De Landro

Edition : Glénat Comics



Bitch Planet, qu’est-ce que c’est ? Un comics dystopique où les femmes se doivent de rentrer dans la norme sous peine d’être envoyées sur Bitch Planet. En somme si elles sont trop grosses, trop noires, trop timides, trop maigres, trop sexy, trop prudes ou pas assez bien pour la société patriarcale, elles sont éjectées et conduites dans une prison où l’hologramme de la femme parfaite vient les seriner avec la norme et leur expliquer qu’elles ne doivent surtout pas être non-conformes. N’est-ce pas charmant ?

Mais toutes les détenues ne vont pas se laisser faire. À commencer par ma préférée : Rolle Pénélope surnommée Penny. Son crime ? Elle se plaît comme elle est. Bon d’accord, ce n’est pas un délit en apparence sauf qu’elle est trop grosse pour la société. Elle est un monstre à leurs yeux, mais elle s’en moque. Penny s’aime et n’est pas décidée à se laisser faire. À ses côtés se trouve aussi Kamau Kogo, qui va rapidement prendre la position de leader malgré elle. Une offre lui sera faite, celle de constituer une équipe d’un sport relativement violent. Elle va alors réfléchir aux avantages et désavantages de cette offre en compagnie d’autres détenues avec de la suite dans les idées.

Ce premier volume met clairement en place l’univers. J’ai beaucoup aimé la manière dont était construite la première histoire, qui donne un aperçu glaçant du monde de Bitch Planet. Je retiens également toute la partie centrée autour de Penny où le message est de s’aimer comme on est. J’ai aussi apprécié les pages de publicités vintage, qui permettent de souligner les attentes que les hommes ont des femmes dans cette société si proche de la nôtre. Quant aux héroïnes, j’ai apprécié le fait qu’elles viennent de divers univers, que les femmes racisées soient plus nombreuses, car cela rend le tout plus crédible. (Soyons honnêtes, même si les femmes blanches sont soumises au sexisme, elles ont quand même des privilèges que n’ont pas les femmes noires, asiatiques, etc.) Elles ont aussi du caractère et font du bien dans le paysage de la littérature où les personnages féminins sont encore trop souvent cantonnés à des rôles peu reluisants.

En somme, Bitch Planet est un comics qui fait du bien. Il propose un univers dystopique glaçant par sa proximité avec le nôtre, mais aussi des personnages féminins intéressants. Il invite les filles à s’aimer comme elles sont, à ne pas se laisser enfermer dans un moule dans lequel il est difficile de rentrer. En plus, Glénat a ajouté un dossier à la fin sur le féminisme avec des interviews, des témoignages et des exemples de femmes non conformistes ayant marqué l’histoire. Bref, Bitch Planet mérite clairement qu’on y jette un œil ! Et je me ruerais sur la suite dès qu’elle sortira !


Verdict : Indispensable

vendredi 12 août 2016

Americanah par Chimamanda Ngozi Adichie

vendredi 12 août 2016
Résumé : « En descendant de l'avion à Lagos, j'ai eu l'impression d'avoir cessé d'être noire. » Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l'Amérique, qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu'on change de continent, lorsque sou­dainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés ?


Titre : Americanah

Auteur : Chimamanda Ngozi Adichie
Édition : Folio



***




Aujourd’hui, je reviens dans les sentiers de l’édition afin de vous parler d’un livre conseillé par Cindy Van Wilder (autrice des Outrepasseurs et de Memorex). Il s’agit d’Americanah écrit par Chimamanda Ngozi Adichie.

Alors, j’ai adoré ce livre. Ce fut un coup de foudre instantané. Dès que j’ai lu les premiers mots, je n’ai eu qu’une seule envie : me laisser porter jusqu’à la fin. J’ai dû résister pour ne pas le finir trop vite, pour pouvoir le savourer et ce fut dur. Je ne voyais pas les heures passées en compagnie d’Americanah parce que cette histoire est passionnante tout en étant enrichissante. Je ne vais jamais pouvoir lui faire une chronique qui lui rend totalement justice…

Americanah ne raconte pas seulement les aventures d’Ifemelu dans un pays étranger. Il raconte le choc culturel que va vivre l’héroïne quand elle va débarquer aux États-Unis. (puis qu’elle connaîtra à nouveau quelques années plus tard en rentrant au pays) La jeune femme va se confronter à la vision du Blanc sur le Noir, mais aussi des Noirs sur les Noirs… car il existe des différences entre eux. Ifemelu va s’intéresser à la question au point d’écrire un blog dont certains articles sont lisibles au sein du roman afin de nous faire comprendre toute la complexité de la question de la couleur. Parfois, cela se joue sur des détails que l’on ne soupçonne même pas. Avec Obinze, l’occasion est aussi donnée de réfléchir sur la question, mais à Londres où le jeune homme parviendra à émigrer, non sans difficultés. Chacun vit des expériences différentes, chacun apprend de celles-ci… et nous aussi au passage. J’adore les livres qui m’apprennent des choses, qui me poussent à me mettre à la place d’autres individus et à tenter de comprendre ce qu’ils ressentent. Avec Americanah, j’étais servie.

Americanah m’a permis de faire la connaissance d’une jolie galerie de personnages. Ifemelu n’était plus une héroïne de papier à la fin du livre. J’avais l’impression de quitter une amie avec laquelle j’ai beaucoup appris. Ifemelu est devenue une personne au même titre qu’Obinze et d’autres personnages de l’ouvrage. Ils ont ce côté authentique qui vous fait oublier que vous lisez un livre. Vous n’avez pas envie de les quitter à la fin. En tout cas moi je n’avais pas envie de les quitter. Je serais bien restée quelque temps au Nigéria à leurs côtés. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé la romance qui se tisse au fil des pages, qui connaît des hauts, puis des bas, mais qui est aussi réaliste que ses personnages. Ce n’est pas une petite bluette, ce n’est pas une romance, c’est quelque chose de plus authentique. C’est de l’amour, celui qui est beau sans avoir besoin de moments héroïques ou d’épreuves surhumaines.

Americanah est un coup de foudre littéraire. Americanah est un livre passionnant, qui fait réfléchir sur la question de la couleur, du racisme et qui possède des personnages authentiques. Si vous le croisez dans une librairie, laissez-le tomber dans votre panier. Laissez Ifem et Obinze pénétrer dans vos vies et contez leur histoire.



Verdict : Indispensable


Ce livre rentre dans le challenge :


mercredi 24 février 2016

Là où tombent les anges par Charlotte Bousquet

mercredi 24 février 2016
Résumé : Solange, dix-sept ans, court les bals parisiens en compagnie de Clémence et Lili. Naïve, la tête pleine de rêves, elle se laisse séduire par Robert Maximilien et accepte de l’épouser. Mais son prince est un tyran jaloux, qui ne la sort que pour l’exhiber lors de dîners mondains. Coincée entre Robert et Emma, sa vieille tante aigrie, Solange étouffe à petit feu. Quand la Première Guerre mondiale éclate, Robert est envoyé sur le front. C’est l’occasion pour Solange de s’affranchir de la domination de son mari et de commencer enfin à vivre, dans une ville où les femmes s’organisent peu à peu sans les hommes…


Titre : Là où tombent les anges

Auteur : Charlotte Bousquet

Édition : Gulf Stream Editeur


***

 

Aujourd'hui, je vais vous parler d'un livre que j'ai lu d'une seule traite : Là où tombent les anges par Charlotte Bousquet.

Là où tombent les anges raconte l'histoire de plusieurs femmes durant la première guerre mondiale. Il est d'abord question de Solange, qui rêve de liberté, mais aussi de sécurité après avoir quitté la campagne et son père. Puis sa meilleure amie Lili apparaît, fantasque, véritable tourbillon qui ne veut que le bien de Solange. A ces deux amies, Clémence viendra s'ajouter, plus douce, plus calme que ses consœurs. D'autres portraits de femmes seront dressées au travers d'une narration classique, qui prendra aussi la forme de la lettre ou du journal intime.

Quand j'ai ouvert ce livre, je n'ai pas réussi à le lâcher. Je voulais savoir si Solange réussirait à s'épanouir, à abandonner l'idée de chercher la sécurité pour prendre sa liberté et s'échapper de l'emprise d'un mari trop violent pour son bien. J'ai été touchée par Clémence, qui croise l'amour, mais qui se retrouve à se battre pour survivre quand la guerre arrive et envoie son promis sur le front. J'ai aimé l'amitié entre Solange et Lili, tantôt calme, tantôt mouvementée. Elle est mise à rude épreuve à plusieurs reprises, se brisent même par moment, mais elle n'en demeure pas moins forte. Et puis il y a la tante Emma, celle dont Solange doit s'occuper, celle qui apparaît comme un poids, mais qui est tellement plus que cela. Grâce à elle, Solange va évoluer pour prendre de l'assurance…

J'ai aimé suivre ces femmes dans leur quotidien. Quand vient la guerre, chacune a sa façon de réagir. Certaines ne manquent pas de courage, d'autres cherchent encore leur place afin de trouver une façon d'aider et de soutenir. J'ai été touchée par ce livre, par la manière dont Charlotte Bousquet raconte ses femmes avec beaucoup de justesse. Je me suis attachée à chacune d'entre elles, ayant tour à tour envie de les consoler ou de les secouer quand elles avaient le malheur de faire de mauvais choix. Là où tombent les anges est peut-être un livre classé dans littérature jeunesse (et je suis contente de voir qu'un tel ouvrage se trouve dans les rayons jeunesse), il a aussi sa place dans les bibliothèques des adultes car il permet de voir la guerre sous un autre angle, celui des femmes. Alors si vous le croisez, n'hésitez pas à jeter un œil dessus ou à l'offrir afin de permettre à d'autres de connaître le destin de Solange, Lili, Clémence et les autres.

Verdict ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ 

Indispensable !


Ce livre rentre dans le challenge :


mercredi 6 janvier 2016

Le Roi des Fauves par Aurélie Wellenstein

mercredi 6 janvier 2016

Résumé : Poussés par une famine sans précédent, trois amis, Kaya, Ivar et Oswald, prennent le risque de braconner sur les terres de leur seigneur, mais son fils les surprend. Au terme d’une lutte acharnée, ils laissent le noble pour mort. Capturés et jugés pour tentative de meurtre, les trois amis sont condamnés à ingérer un parasite qui va les transformer en « berserkirs ».
Au bout de sept jours de lente métamorphose, ils seront devenus des hommes-bêtes, et leur raison s’abîmera dans une rage inextinguible. Le temps de cette transformation, ils sont enfermés dans Hadarfell, un ancien royaume abandonné, dont le passé et l’histoire ont été engloutis par le temps…

Titre : Le Roi des Fauves

Auteur : Aurélie Wellenstein
Édition : Scrineo

***



Aujourd'hui, je vais vous parler du Roi des Fauves, un roman signé par Aurélie Wellenstein et édité chez Scrineo.

Mon seul regret réside dans le temps que ce livre a passé dans ma PAL. J'aurais dû l'en sortir bien plus tôt car il m'a fait passer un bon moment. J'ai aimé suivre ces trois personnages dans leurs mésaventures aux allures de descente aux enfers. A la base, ils ne cherchaient qu'à nourrir leur famille, mais les choses dérapent. Ils se retrouvent accusés d'une tentative de meurtre qui les condamne à se transformer en une créature ayant perdu toute humanité. Mais est-ce vraiment le cas ? Ivar n'en est pas si sûr et va s'efforcer d'en convaincre ses camarades Kaya et Oswald. Ils doivent se battre pour rester humain… ils peuvent être plus fort que la bête en eux.

Sauf qu'ils ne réagissent pas tous de la même façon face au châtiment qui leur a été imposé. La peur est là pour venir saper leur espoir de s'en sortir. La colère est aussi présente, notamment au travers du personnage de Kaya dont j'ai trouvé les réactions très justes. On reproche souvent à certaines héroïnes de s'en sortir sans dommages face à certains drames et ce n'est clairement pas le cas de Kaya. Ces compagnons vont en faire les frais d'ailleurs, que ce soit Ivar ou encore le pauvre Oswald, qui sent bien souvent en-dessous de ces camarades. Je me suis attachée à eux, j'ai souffert pour eux et certains passages se sont avérés terribles. Ce n'est pas une histoire joyeuse, c'est plutôt un huit-clos qui peut s'avérer éprouvant dans certains de ses passages et qui ne laisse que peu de place à l'espoir.

Et j'ai aimé la fin choisie par l'auteur, cette fin qui n'est pas celle d'un happy end. Cette fin surprend tout en étant parfaitement logique. Elle colle à l'histoire, à l'évolution que les personnages ont connu et cela la rend satisfaisante même si notre petit coeur peut se serrer. Oui, j'aurais rêvé d'un autre avenir pour ses personnages et elle a réussi à me faire pleurer alors que j'écris cette chronique. Mon petit coeur a été touché par cette histoire, ce qui la rendra sans doute plus marquantes que d'autres, ce qui le fera rentré dans ces livres qui ne m'ont pas laissé indifférente…

Honnêtement, je n'aurais pas cru que le Roi des Fauves me toucherait autant. Pourtant c'est le cas, il m'a touchée en plein coeur, il me l'a sans doute brisé tout en m'offrant une expérience de lecture que je recommande. C'est un très bon livre… et je voudrais juste remercier l'auteur pour le cygne, cette petite lueur dans les mésaventures ténébreuses d'un trio de personnages attachants.  




Verdict ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Indispensable ! 
(et bon courage aux autres livres qui suivront)


Ce livre rentre dans le challenge :


mardi 29 décembre 2015

Le Vivant par Anna Starobinets

mardi 29 décembre 2015
Résumé : Dans un futur lointain, les humains sont connectés via des implants à un réseau commun. Ensemble, ils forment un organisme unique, le « Vivant ». La mort n’y existe pas : dès qu’un individu est « mis sur pause », son code génétique renaît dans un nouveau corps. Le nombre d’humains est constant – trois milliards :
Le Vivant vacille sur ses bases lorsque l’impensable survient un homme naît. Il est sans code, sans patrimoine, il n’est la réincarnation de personne. On l’appelle Zéro. Placé sous étroite surveillance, il devra trouver des réponses sur son identité dans un monde réputé parfait…
Anna Starobinets déploie les codes de la littérature d’anticipation pour interroger d’une manière glaçante les traumas de nos civilisations virtuelles.

Titre : Le Vivant

Auteur : Anna Starobinets

Edition : Mirobole


***

Aujourd'hui, je reviens vous parler du cas Anna Starobinets et de son roman le Vivant. Cette fois-ci l'auteure nous propose une dystopie où il est question d'un monde où les hommes sont tous connectés au « Vivant », une entité qui leur permet de ne pas mourir et de se réincarner, le tout en s'assurant que le nombre de population reste à trois milliards. Si la machine marche plutôt bien, il s'avère qu'un jour, une femme tombe enceinte d'un enfant, qui n'a pas été réincarné et que l'on décide de nommer Zéro vu qu'il n'a jamais existé jusqu'ici…

Ce que j'aime bien avec Anna Starobinets, c'est que je me retrouve à regarder certaines choses d'un autre œil après l'avoir lue. Cette fois-ci, ce sont donc les réseaux sociaux, dont je ne suis pas forcément une grand fan à la base, qui y ont eu droit. Non parce que l'auteur raconte un monde où les gens sont tous connectés entre eux. Ils communiquent au travers de strates, qui leur ont fait perdre le contact avec la première. Ils sont aussi sur surveillance constante, notamment au niveau de la pause avant la réincarnation. Au début, ils reçoivent des messages aimables pour les inciter à songer que l'heure est venue. Puis au fil des années, le message devient moins sympathique jusqu'à ce que des individus viennent les chercher dans le cas où l'être humain ne voudrait vraiment pas prendre sa pause obligatoire. Un autre concept est aussi sympathique, celui qui consiste à enfermer ceux qui ont commis des crimes dans leur vie antérieure pour les rééduquer… du moins officiellement…

Personnellement, j'ai trouvé que cela sonnait comme un écho, plutôt désagréable à l'actualité de notre époque. (D'ailleurs, j'ai deux trois exemples qui me viennent en tête) Résultat, ça donne encore plus de poids à cet ouvrage, qui est tout simplement glaçant par certains aspects. J'ai apprécié les personnages, qui ne sont pas unidimensionnels. Ils sont complexes, ils évoluent au fil des pages, notamment Zéro dont l'existence est ponctuée d'embûches, et ils sont terriblement humains. Après il faut faire l'effort de s'accrocher car certains passages ne sont pas toujours simples à comprendre à la première lecture, mais ça en vaut la peine car c'est clairement un ouvrage qui fait réfléchir. Pour moi, il est dans la lignée d'un 1984 ou d'un Fahrenheit 451, à lire au moins une fois dans sa vie. Alors si vous croisez sa route, n'hésitez pas à faire un bout de chemin avec lui ! 


Verdict ♥ ♥ ♥ ♥ 

Indispensable !

 

Encore un Chapitre © 2014