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mardi 1 septembre 2020

Le Cycle des esprits, livre 1 par AFK

mardi 1 septembre 2020
Résumé : Callune est une princesse déchue, forcée de vivre parmi des parias, des demi-êtres. Lise est étudiante à la fac, kidnappée et emmenée de force dans un monde inconnu à cause d’un passé oublié. L’une est maladroite, renfermée et peu sûre d’elle. L’autre est combattante, colérique et ne craint rien ni personne, si ce n’est elle-même. Elles n’ont aucune raison de se rencontrer, évoluant dans des univers parallèles. Atlantide, après avoir été figé et immuable durant des siècles, voit son équilibre exploser, une guerre éclater et la magie qui empreignait les terres disparaître. Kaea est le berceau de chevaliers, mais aussi de sorciers, de Prêtres et de dieux, dans un vaste monde où rien n’est impossible ou hors-norme. Callune et Lise partagent pourtant un point commun. Toutes deux sont les éléments clés de projets qui les dépassent. Dans l’ombre l’Oracle des Esprits œuvre minutieusement et ajuste ses plans. Le Cataclysme n’est plus très loin…

Titre : le Cycle des esprits, livre 1

Auteurice : AFK

Auto-Édition



Aujourd’hui, je vous propose ma version écrite de ma chronique sur le premier livre du Cycle des esprits, qui est aussi la première moitié du tome 1. En effet à cause de limitations matérielles, l’autrice a été obligée de couper son roman en deux, et il faut dire que cela se ressent à la lecture. Du coup, la sensation de lire une longue introduction prédomine accentuée par le fait que le livre s’arrête au moment où l’action prend son envol. Les interludes donnent aussi l’impression de ralentir l’intrigue, mais arrivent à se faire pardonner par leur intérêt pour comprendre l’univers dans lequel nous avons plongé.

Ce serait donc le principal bémol du livre avec le résumé un peu maladroit. Je ne suis pas fan de l’image qu’il peut donner du livre. Il donne une impression de complexité que je n’ai pas éprouvée à la lecture. Je veux dire, dès que j’ai commencé à lire, je me suis laissée happer par l’action en cours, par l’histoire. Je n’ai pas rencontré de difficultés à rentrer dedans, acceptant de me laisser entraîner dans deux univers parallèles et m’amusant à décompter d’éventuels points communs. J’ai réussi à en repérer un, ou du moins à relever un détail, qui je suis sûre, aura un impact dans la suite du livre. Bon après si ça se trouve, je me trompe totalement.

Le Cycle des esprits est un roman de fantasy, qui raconte l’histoire de Callune et de Lise. Ces deux héroïnes ont réussi à me plaire pour des raisons différentes. Bon, Callune va sans doute créer débat, ce que je trouve dommage, car elle est très intéressante par son caractère. La vie a été si dure avec elle, qu’elle a fini par lâcher prise et n’attend que la mort. Elle essaie parfois de sortir de cet état, mais elle n’est ni aidée par son passé, ni par un de ses ravisseurs : Hawke.

Ce dernier lui ôte toute chance de guérir par l’attitude qu’il a avec elle. Il aurait pu se contenter d’être antipathique avec elle, mais non. Il a décidé de la tourmenter, adoptant l’attitude d’un harceleur qui cherche à pousser sa victime dans ses derniers retranchements et la voir en finir. Honnêtement je le déteste, et peu importe pourquoi il agit de la sorte. Il me rappelle un peu trop les harceleurs que l’on peut rencontrer plus jeune et qui choisisse de vous pourrir la vie. Peu importe qu’à Noël, ils aident une association ou qu’il soit gentil avec leur proche, cela n’efface en rien le mal qu’ils font. Qui plus est, il s’en prend à Callune qui est déjà terre… Donc non.

D’ailleurs même si Callune ne pense plus avoir de force, elle l’a encore de survivre aux humiliations infectes de Hawke, ce qui me laisse clairement espérer une évolution positive du personnage… même si je ne pense pas qu’elle pourra se défaire totalement de la mélancolie dont elle est la victime. Pour moi, elle est dépressive, et comme c’est une maladie chronique (j’ai la malchance de le savoir), je lui souhaite au moins de connaître une accalmie durable. Au passage, elle a une alliée en la personne de Noelia dont la compassion l’aide sans doute à tenir. Maintenant j’ai beaucoup aimé le fait que le livre pousse Noelia à s’interroger sur le pourquoi elle cherche tant à protéger Callune. Mon regret, c’est qu’il faudra sans doute attendre le second livre pour en savoir plus.

En parallèle de Callune, il est aussi possible de suivre Lise. Tout comme sa consœur, Lise est susceptible de diviser, mais je pense que c’est dans une moindre mesure. Cette dernière se retrouve au cœur de l’action bien malgré elle. Il lui faut affronter une foule d’inconnus avant d’être projeté dans l’inconnu et de faire un voyage avec des compagnons qui en savent bien plus qu’ils ne le laissent paraître. Lise se retrouve donc dans un état de nerfs permanent, et je pense que son entourage le sous-estime clairement. D’ailleurs, j’ai eu envie de les secouer plusieurs fois pour leur apprendre l’empathie au lieu de mettre certaines humeurs de Lise sur sa nature toute féminine. Ou son âge. Pour moi, ils se déresponsabilisent… et la fin du livre me laisse espérer que le retour de bâton va bien les faire souffrir.

Quant à Lise, tout comme Callune, elle rentre dans la catégorie des personnages forts. Elle est dans l’action, mais aussi dans la colère ce qui se comprend vu la situation dans laquelle elle se trouve. Elle aurait pu se laisser porter par les événements, mais elle est crédible dans sa résistance et dans sa méfiance. Pour moi, sa colère paraît rapidement légitime face à des compagnons que l’on sent clairement impuissants. Ils ne savent pas comment la gérer, sur quels pieds danser, quelle option est la meilleure pour elle. Par contre, soyons clairs, ils sont plus bienveillants que ce cher Hawke, et s’ils m’ont fait lever les yeux au ciel, je n’ai jamais eu envie de les encastrer contre un mur.

Dans ce premier livre, je dirai que les histoires sont à l’image des héroïnes. Les deux se laissent porter, Callune sans grande résistance, Lise avec de la méfiance, mais aussi l’envie de comprendre pourquoi elle se retrouve dans un tel guêpier. Des interludes viennent ponctuer l’histoire de leur savoir. Du coup cela ralentit l’intrigue tout en apportant des informations sur cette dernière. Néanmoins, il est difficile de la juger dans son ensemble, car il est clair que nous en sommes qu’au début, qu’il est encore compliqué de comprendre où elle va nous mener. Dans tous les cas, le potentiel est là. Il ne reste plus qu’à espérer qu’il demeure dans la suite le livre II, mais aussi dans les suivants… car c’est le début d’une grande saga.

Côté bonus, des illustrations viennent ponctuer le livre notamment les interludes et permettent de se faire une idée du personnage qui nous sera présenté. Bon si vous êtes comme moi, vous n’en faites qu’à votre tête. Maintenant cela n’ôte rien à la beauté des dessins.

En conclusion, le livre 1 du Cycle des Esprits est une introduction intéressante avec des héroïnes attachantes, qui souffre malheureusement du fait qu’Amazon est incapable de proposer des pavés en livre papier.


Verdict : Je conseille.

samedi 8 août 2020

[Rediffusion] Dusty par David Atcok

samedi 8 août 2020
Couverture du livre Dusty par David Atcock 
Résumé : Durant l'année de l'élection de JFK, sans distinction entre hommes, femmes et enfants, un tueur sévi dans les rues d'une ville du Texas, Dusty. C'est avec l'enlèvement de Peter que l'affaire reprend. Après plusieurs années de silence, le retour de Mark Sanders marque une nouvelle avancée dans l'enquête. Qui peut bien se cacher derrière de telles horreurs ? Qui est ce tueur ?

Titre : Dusty

Auteur : David Atcock
Editions : Auto Edition



Cette chronique a été précédemment publiée sur les Indéchaînés.


J’ai apprécié :

L’histoire. Elle est classique mais efficace durant les trois quarts du roman. Si on omet les maladresses, elle est même addictive.

Peter. Il est attachant ce qui pousse à lire la suite pour savoir s’ils vont le sauver ou non. Et vu les personnages censés le sauver, ben le stress a été là jusqu’au bout.

Krystle. C’est l’archétype de la mère protectrice, mais elle est attachante. Avec son fils, elle est sans doute l’un des personnages les plus réussis du roman.

La chute. J’ai apprécié le dénouement à défaut d’avoir apprécié la dernière ligne droite menant à cette fin.

J’ai regretté :

Les maladresses. A cause de la tournure incorrecte de certaines phrases, je suis sortie de ma lecture.

La dernière ligne droite. Sur les derniers instants du livre, les défauts sautent aux yeux. Avant ils étaient là, ils me faisaient tiquer un peu, mais je pouvais les pardonner… Sauf que la fin les accentue tellement que la chute laisse un goût amer en bouche. Et c’est dommage.

Sam. Il est lisse pendant les trois quarts du livre, puis il devient carrément lourd à la fin avec sa misogynie envers Krystle. Ces commentaires sur la mère ne servent à rien. En plus, pourquoi il la ramène à sa condition de femme ? Il aurait très bien pu la traiter comme une civile au lieu de nous balancer son sexisme à la figure.

Le syndrome de la femme dans le frigo. Le principe ? Tuer ou blesser gravement un personnage féminin pour appuyer la tragédie personnelle vécue par le héros et accentuer sa haine à l’encontre du méchant. Ici, c’est notre héros Mark qui a vu sa femme et sa fille mourir de la main du méchant de l’histoire. Il a donc sombré dans l’alcool, il veut donc tuer le méchant à tout prix… Un, il aurait pu sombrer pour de multiples raisons avec ce tueur qui est macabre à souhait. Deux, son alcoolisme est mal géré et la revanche rend la mort de sa famille encore plus gratuite qu’au départ. Si encore ça avait servi à développer sa psychologie, mais non le traitement est trop superficiel pour ça. Du sexisme gratuit en somme.

Le syndrome Psychose. Je ne sais pas s’il existe, mais le coup de la mère qui susurre au fils de tuer, c’est quand même l’un des clichés les plus vus et revus. Pourquoi c’est toujours la mère ? Est-ce qu’un moment donné, le méchant ne pourrait-il pas écouter son père ? Ou s’inventer quelqu’un d’autre sans que cela ne retombe encore sur la mère ? Le pire ? C’est que jusqu’à ce qu’elle apparaisse, je trouvais Vincent pas inintéressant.

Je déconseille

jeudi 20 juin 2019

Paris in Utero par Selma Bodwinger

jeudi 20 juin 2019


Résumé : Quand nous entrons dans sa vie, Hortense est au plus bas. Etudiante de vingt-cinq ans, elle s’accroche à une histoire d’amour révolue. Sa colocataire, Marie, tente en vain de la consoler. Mr. Yous, un mystérieux correspondant, lui conseille de rencontrer un groupe de sorcières qui la désigne comme leur élue légendaire. Désemparée mais toujours pétillante, l’héroïne erre dans les arrondissements de Paris à la recherche de la vérité. Hortense doit-elle abandonner sa vie toute tracée et poursuivre cette quête improbable ? Les sorcières ne veulent-elles vraiment que son bien ? Pourquoi est-elle si troublée par Rachel, la jeune et séduisante sorcière ? Qui se cache derrière l’énigmatique Mr. Yous ?

Paris in utero est un roman initiatique mêlant humour, romance et fantastique tout au long d’une aventure urbaine décalée. C’est aussi l’expérience d’une jeune femme à l’heure des choix et de la réalisation de soi.

Titre : Paris in Utero

Auteur : Selma Bodwinger

Editions : Auto Edition



Comme son résumé l’indique, Paris in utero est un roman initiatique. On y suit Hortense, une étudiante dont l’existence se réduit à errer et à se raccrocher à une relation amoureuse terminée. Cela aurait sans doute continué ainsi si elle n’avait pas décidé un jour d’écouter le conseil d’un mystérieux correspondant et donc de rencontrer un groupe de sorcières…

Et là, ça aurait pu être le drame, car Hortense est une élue. Or quand une héroïne le devient, c’est surtout signe de problèmes et d’un grand danger à vaincre… sauf qu’ici le traitement est plus original qu’à l’accoutumée. Oui, Hortense est une élue, mais ses pouvoirs ne se déploient pas de la façon dont on aurait pu l’imaginer. D’ailleurs, les sorcières ne s’attendaient pas forcément à ce que cela se termine ainsi après l’avoir croisée. Du coup, c’était vraiment rafraîchissant à lire.

Hortense est un personnage que j’ai apprécié. J’ai aimé la suivre dans ses questionnements, la voir avancer et s’épanouir. Par contre, j’étais moins fan de Marie, sa colocataire. Heureusement, Hortense a l’occasion de rencontrer d’autres individus. Je songe notamment à Rachel avec laquelle elle va se découvrir une attirance pour les femmes et avec qui elle va entretenir une relation. Est-ce que Hortense est lesbienne ? Non, Hortense est bi. Elle aime sans se soucier du genre de la personne qui se trouve dans ses bras. Et je pense que l’on peut dire qu’Hortense deviendra une adepte du polyamour. Et question représentation, ça c’est chouette.

Maintenant, le livre contient des scènes érotiques, ce qui est plutôt logique vu la place que la sexualité a au sein de l’ouvrage. Je ne suis pas une adepte de l’érotisme parce que je trouve souvent les passages gratuits et sans intérêt pour l’intrigue. Ici, comme c’est un pan essentiel de l’histoire, cela ne m’a pas trop gênée. J’aimerais dire que j’ai adoré, mais il ne faut pas trop m’en demander non plus.

Paris in utero est une excellente surprise à laquelle je ne m’attendais pas forcément. J’ai apprécié le traitement de l’héroïne et la manière dont elle va s’épanouir. Cet ouvrage offre aussi de la diversité dans l’amour et le sexe, ce qui est capital dans notre société hétéronormée. Bref, un livre que je conseille. 


Je conseille
Encore un Chapitre © 2014