dimanche 2 octobre 2016

Secrets Mortels l'intégrale par Sam Carda

dimanche 2 octobre 2016
Résumé : Parfois, un secret trop bien gardé peut coûter cher...
Qui oserait pénétrer dans le Domaine des Fontaines, prestigieuse résidence de la plus puissante et influente famille de Bordeaux ?
Enora Visconti, propriétaire des lieux depuis toujours, met un point d’honneur à sauver la réputation de sa famille et à garder son image de femme froide intacte.
Mais lorsque sa gouvernante, Amélie Beaufort, est retrouvée morte dans le jardin, tout bascule.
Accident ? Meurtre ?
La réputation des Visconti est ternie, leur nom est cité dans tous les journaux, la vente de leur illustre vin diminue.
Quentin Marina, jeune journaliste ambitieux, décide de mener l'enquête afin de dévoiler tous leurs secrets.
Mais tout ne se passe pas comme prévu. Un secret en cache souvent un autre.
La mort frappe à nouveau. Elle est encore plus cruelle, plus inattendue, plus spectaculaire !
Les secrets, n’en ayez aucun, sinon ils vous tueront !


Titre : Secrets Mortels : L’intégrale

Auteur : Sam Carda
Édition : Auto-Edité



J’étais curieuse de découvrir ce qui se cachait derrière Secrets Mortels écrit par Sam Carda. J’ai donc cédé à la tentation et je ressors clairement mitigé de l’aventure.

Si la saison un est divertissante, la suite devient rapidement lourde. À force de multiplier les secrets et les trahisons, l’intrigue est de plus en plus invraisemblable. Quant aux personnages, ils s’enfoncent dans la caricature au point de devenir insupportables. La plus pénible reste Léa tandis que Victor est l’unique raison m’ayant poussée à aller jusqu’au bout.

Le tout est raconté dans un style plat. Il me manquait une étincelle pour adhérer à ce soap, qui se prenait trop au sérieux à mon goût. Je crois qu’avec un peu d’humour, Secrets Mortels aurait pu être mon guilty pleasure.

Quelques coquilles sont aussi présentes. Un cou se transforme en coup tandis qu’une empreinte devient un emprunt. Enfin, la pire reste le changement de prénom d’un personnage qui entraîne une confusion chez le lecteur qui ne sait plus qui est qui pendant quelques secondes. Bref, si je n’en ai pas relevé beaucoup, elles se sont fait remarquer.

En conclusion, Secrets Mortels est un soap où les trahisons sont nombreuses. Si vous n’aimez pas Plus Belle la vie ou les Feux de l’amour, passez votre chemin. Pour les autres, Secrets Mortels pourraient bien vous offrir un moment divertissant.


Verdict : Trop soap for me

vendredi 30 septembre 2016

L'étrange carbaret des fées désenchantées par Hélène Larbaigt

vendredi 30 septembre 2016
Résumé : Grouillant et grinçant, tel un concert de voix dissonantes, il s’avance.
L’Étrange Cabaret, le cirque des curiosités, le spectacle de monstres chimériques, le music-hall des fées désenchantées.

Oserez-vous franchir ses lourdes tentures pourpres pour assister au plus dangereux et délicieux des spectacles ?
Voyagez avec les fées de la Belle Époque, dans les cités du Vieux et du Nouveau Monde, mais méfiez-vous, le Cabaret recèle des secrets qui vous envoûteront… Que s’est-il passé dans la loge 633 que l’on dit hantée, où une fée fut assassinée ? Que cherche réellement Morte Vanité, elle qui fait errer le Cabaret à travers le monde entier ?


Titre : L’étrange cabaret des fées désenchantées
Auteur : Hélène Larbaigt

Édition : Mnémos Ourobores



Aujourd’hui, je vous propose de plonger dans l’univers de l’étrange cabaret… des fées désenchantées d’Hélène Larbaigt.

Ce livre n’est pas un roman. Ce livre n’est pas un simple recueil. Cet ouvrage est une ouverture sur un monde, celui d’un étrange cabaret où des fées se produisent le soir. Certaines sont issues de la culture russe, d’autres de la mythologie égyptienne, mais toutes ont une personnalité bien trempée, que l’on découvre au fil de textes accompagnant de superbes illustrations. J’adore ce style même si je ne suis pas une experte.

Je suis tombée amoureuse des dessins dès que j’ai ouvert ce livre. Les histoires m’ont emportée les unes après les autres. J’ai souri face à certaines illustrations. J’ai apprécié le fil rouge (ou les fils rouges) courant tout au long des textes. Désenchantées est le mot qui convient même si certaines réussissent à réenchanter leur univers tandis que certaines s’efforcent d’y parvenir.

Cet ouvrage est un bijou de poésie. Il est beau. Si je pouvais le mettre sous vitrine, je le ferais sauf que je ne pourrais plus profiter des illustrations et des textes l’accompagnant. Mon seul petit bémol bémol est une lettre manuscrite dont l’écriture minuscule m’abîme les yeux… Mais ce n’est pas grave, une loupe, et hop ! Ce bémol est pardonné.

Alors si votre route croise celui de l’étrange cabaret, n’hésitez pas une seule seconde. Pénétrez à l’intérieur pour découvrir un univers riche en émotions dont on ne voudrait jamais ressortir ! Je m’y plonge encore régulièrement et la magie opère toujours.

Et si vous souhaitez avoir un aperçu des illustrations et du talent d’Hélène Larbaigt, n’hésitez pas à jeter un œil à la galerie de l’étrange cabaret !




Verdict : Une pépite


Ce livre rentre dans le challenge :


jeudi 29 septembre 2016

Psyché par Damien Eleonori

jeudi 29 septembre 2016
Résumé : Paris, 21 décembre 2012.
Sur le toit d'un hôpital parisien, Léo Liberati laisse son regard se perdre sur la capitale illuminée.
Tant de choses se sont passées en trois jours. Il monte sur le parapet et étend les bras. Son dernier regard est attiré par le cadran de l’horloge trônant sur l’église du quartier de Petit-Montrouge.
4h44.
Finalement tout était écrit depuis longtemps, il lève les yeux et, tel un ange, s’envole vers les cieux avant de retomber, entrainant l’humanité avec lui.

Et si la fin du monde avait bien eu lieu, sans qu'aucun être humain ne s'en rende compte ?

Titre : Psyché
Auteur : Damien Eleonori

Edition : Auto-Edité



Aujourd’hui, je vais vous parler auto-édition avec le livre Psyché écrit par Damien Eleonori. Pour la petite histoire, ce fut une bonne surprise au milieu de lectures plutôt maussades à l’époque en auto-édition. Alors, oui, je vais vous dire du bien de Psyché.

Psyché est un thriller fantastique dont le thème est convenu. Néanmoins, l’auteur parvient à s’en emparer pour en donner sa propre version, ce qui est une excellente chose. J’aime beaucoup l’idée de commencer le roman par un chapitre sobrement nommé : « Fin. » Cela met tout de suite dans l’ambiance. D’ailleurs, Psyché ressemble à un puzzle dont les morceaux se rassemblent au fil de l’intrigue. Du coup, certains passages paraissent plus confus que les autres. Ce n’est donc pas parfaitement maîtrisé, mais ça l’est assez pour que Psyché reste agréable à lire.

Je dois aussi reconnaître que si j’ai aimé le fait que l’auteur se réapproprie la religion pour la modeler de manière intéressante, une chose m’a fait légèrement tiquer. Je trouvais que c’était un peu facile tout en me sentant aigrie de penser qu’un tel sentiment ne pouvait pas tant de pouvoir. (Quoique sur d’autres ouvrages, j’y crois totalement) Le truc, c’est que l’auteur m’a fait changer d’avis lorsqu’à la fin du roman il donne une signification au titre de son livre. Là, j’ai dit oui.

Dans Psyché, j’ai apprécié beaucoup de choses. J’ai aimé le traitement de l’intrigue, le sujet et la plume de l’auteur. Alors, certes, c’est un peu confus par moment, ça manque parfois de profondeur… Mais qu’est-ce que c’est prometteur ! Si les prochains sont aussi travaillés, voire davantage, je me les achète les yeux fermés. Bref, je conseille Psyché !



Verdict : A découvrir

jeudi 22 septembre 2016

Kallocaïne par Karin Boye

jeudi 22 septembre 2016
Résumé : Dans une société où la surveillance de tous, sous l il vigilant de la police, est l affaire de chacun, le chimiste Leo Kall met au point un sérum de vérité qui offre à l État Mondial l outil de contrôle total qui lui manquait. En privant l individu de son dernier jardin secret, la kallocaïne permet de débusquer les rêves de liberté que continuent d entretenir de rares citoyens. Elle permettra également à son inventeur de surmonter, au prix d un viol psychique, une crise personnelle qui lui fera remettre en cause nombre de ses certitudes. Et si la mystérieuse cité fondée sur la confiance à laquelle aspirent les derniers résistants n était pas qu un rêve ?

Titre : Kallocaïne
Auteur : Karin Boye

Édition : Hélios



Aujourd’hui je me penche sur le cas Kallocaïne écrit par Karin Boye. Je replonge dans les méandres de la science-fiction avec une dystopie dans la lignée de 1984.

Alors oui, Kallocaïne n’est pas un ouvrage, qui respire le bonheur. Son narrateur est l’inventeur d’une drogue révolutionnaire qu’il va appeler Kallocaïne. Que fait donc cette mystérieuse drogue ? Oh pas grand-chose, elle se contente juste d’aider les gens à révéler leurs pensées les plus intimes, celles qu’ils n’oseraient même pas avouer à leurs proches. Enthousiasmé par sa découverte, soucieux d’être apprécié, le narrateur va donc tenter de convaincre le gouvernement du bien-fondé de sa recherche. Il va alors se heurter à son contrôleur-en-chef, qui va essayer de lui expliquer, que tout le monde a quelque chose à cacher et qu’il faut préserver. Ce sage conseil sera-t-il écouté ? Ou le narrateur va-t-il poursuivre son objectif pour accentuer le pouvoir de surveillance (déjà très important) du gouvernement sur ses citoyens ?

Avec Kallocaïne, j’ai été plongé dans un univers oppressant. Son narrateur était intéressant à suivre. Ce n’est clairement pas un héros. Il n’est pas spécialement sympathique, il devient imbuvable avec son incessante quête de reconnaissance. Pour parvenir à être accepté comme un bon citoyen, il n’hésite pas à fournir au gouvernement de quoi violer psychologiquement les individus. Il ira même jusqu’à s’en servir à des intérêts privés, ce qui a achevé toute compassion ou pitié que je pouvais éprouver à son égard.

Karin Boye dresse donc le portrait peu glorieux d’un être humain, qui va fournir à son gouvernement oppressif de quoi l’aider à lutter contre ses ennemis. Sauf que ce n’est pas aussi simple. Avec le narrateur, nous découvrons les limites de sa drogue, le danger qu’elle va représenter, car elle révèle les pensées intimes de tous les individus. Elle ne fait pas de distinction de classes. Résultat, elle va réussir à fragiliser les autorités en dévoilant qu’eux aussi peuvent éprouver des réflexions contre l’état qu’ils sont censés servir. Comme le dit si bien Rissen, peut-on vraiment avoir une conscience irréprochable passé un certain âge ?

En conclusion, Kallocaïne est une dystopie glaçante, qui n’a pas pris une ride et qui demeure d’actualité dans une société où la question de la surveillance se pose. J’en recommande donc sa lecture à toute personne susceptible de vouloir réfléchir sur le sujet.


Verdict : Indispensable


Ce livre rentre dans le challenge :



mercredi 21 septembre 2016

Lecture Commune : Sang-de-Lune par Charlotte Bousquet

mercredi 21 septembre 2016
Résumé : Alta. Une cité où les femmes sont soumises à l’autorité des fils-du-soleil. Gia, comme toutes les sang-de-lune, doit docilement se plier aux règles édictées par le conseil des Sept, sous peine de réclusion, ou pire, de mort. Impossible d’échapper au joug de cette société où règne la terreur. Pourtant, le jour où sa petite soeur Arienn découvre la carte d’un monde inconnu, les deux jeunes filles se prennent à rêver à une possible liberté. Mais ce rêve est bientôt menacé par l’annonce du mariage de Gia. Le temps presse, elles doivent fuir. Or, pour atteindre ce monde mystérieux qui cristallise leurs espoirs, toutes deux doivent traverser les Régions Libres, un territoire effrayant où cohabitent hordes barbares et créatures monstrueuses, issues de la matière même de l’obscurité.

Titre : Sang-de-Lune
Auteur : Charlotte Bousquet
Edition : Gulf Stream

Evy : 
Sang-de-Lune est une lecture qui m'a profondément touchée. Elle véhicule un puissant message d'amour, de liberté et de combat pour l'émancipation de la femme. C'est fort, à tel point que l'on n'en ressort pas indemne. Charlotte Bousquet et Gulf Stream ont misé très haut avec cette publication, et je les remercie pour le partage de cette perle qui devrait passer entre toutes les mains. L'auteur met sous les projecteurs de véritables problèmes de sociétés, mais aussi de belles victoires et de la tolérance entre des personnes totalement différentes. Je suis conquise, même si j'ai souffert.

Quelques points clés : 

  • Un amour inconditionnel entre deux sœurs,
  • Une remise en question permanente de "sa place donnée dans le monde" pour Arienn et Gia,
  • Un combat pour la liberté de la femme dans une société où elle est perçue comme le "mal",
  • Des rebondissements et beaucoup d'émotions (les larmes me sont montées à plusieurs reprises).


Jupsy :

Sang-de-Lune est une claque littéraire. Il dresse un portrait glaçant de la condition féminine dans un univers dystopique, qui n’est guère éloigné du nôtre. Au travers du regard de Gia, une jeune adolescente, Charlotte Bousquet met en lumière l’absence de liberté des femmes, leurs conditions de vie inacceptables et la manière dont la société s’organise pour les convaincre que se rebeller ne servirait à rien. Cela donne des scènes très dures, qui m’ont fait grincer des dents, mais aussi pleurer par moments. Le tout est prenant. J’ai eu beaucoup de mal à ne pas le dévorer, à essayer de garder une progression proche de celle d’Evy afin que nous puissions commenter ensemble. Je dois l’avouer, je l’ai quand même terminé avant elle, incapable d’attendre, soucieuse de savoir si un bonheur était possible pour ses deux sœurs.

Sang-de-Lune est classé en littérature jeunesse. J’apprécie ce fait-là, car Sang-de-Lune est un ouvrage qui ne prend pas les adolescents pour des idiots (oui ça m’arrive d’avoir l’impression que certains romans oublient que réfléchir est à leur portée). Il peut leur offrir l’occasion de s’interroger sur la condition féminine, qui n’est pas forcément plus glorieuse dans notre monde réel. D’ailleurs même si ce livre est classé en jeunesse, je pense que les adultes peuvent aussi jeter un coup d’œil. Il en vaut clairement la peine, parole de future trentenaire !

Et mon verdict est simple. Indispensable ! (et je vous conseille d’aller lire l’autre roman de Charlotte Bousquet dans la collection où il est question de la condition féminine lors de la Première Guerre mondiale.)
 


Encore un Chapitre © 2014