mercredi 14 décembre 2016

L'amie prodigieuse par Elena Ferrante

mercredi 14 décembre 2016
Résumé : « Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout : et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.»
Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s’éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition.

Titre : L'amie prodigieuse
Auteur : Elena Ferrante

Édition : Folio




Il était une fois deux fillettes, qui ne se connaissaient pas vraiment. Elles s’appelaient Elena et Lila. Tout commence par un prologue où il est question d’effacer les traces. Rino, fils de Lila, cherche sa mère, qui a disparu. Il téléphone tout naturellement à Elena, qui ne sait pas où se trouve son amie. Elle lui conseille ne pas s’inquiéter, de ne pas la chercher et de se comporter en adulte. Puis elle raccroche. Les jours passent. Aucune nouvelle. Rino rappelle, sa mère a effacé toutes les traces. Elena sent alors la colère l’emporter et décide d’aller contre la décision de Lila. Puisque cette dernière veut disparaître sans rien laisser, Elena écrira leur histoire…

Et c’est ainsi que tout débute. Elena s’installe à son bureau, fait un bond de soixante ans en arrière et nous raconte les débuts de son amitié avec Lila. Ce n’est pas une amitié comme les autres. Pourtant elle est réelle, car au fond c’est une relation unique. Au début, Elena n’apprécie pas vraiment Lila. Elle la trouve méchante tout le temps. Pourtant Lila a quelque chose, qui la pousse à la suivre tout en la maudissant d’être si intelligente. Elena et Lila vont alors développer une relation où l’amitié n’est pas un fleuve tranquille. Il y a des hauts, des bas, des moments où l’une souffre à cause de l’autre, lui en veut des aléas que la vie va poser sur leur route. Il y a de la violence au sein de leur existence, un univers où elles cherchent leur place et où les adultes ne les guident pas forcément vers la voie qu’elle préfère.

Parmi les injustices, il y a la vie qui prive Lila de poursuivre sa scolarité. Malgré son intelligence, sa soif d’apprendre, la jeune fille devra rejoindre l’échoppe paternelle. Il faut aider l’entreprise familiale, se sacrifier pour elle. À l’inverse, Elena parviendra à continuer ses études, nous offrant aussi un très beau moment de complicité avec son père. Il faut dire qu’Elena et sa mère, ce n’est pas vraiment le grand amour. Leur relation est difficile. Et puis il y aura les amours plus compliqués que prévus. Elena ne pourra s’empêcher de jalouser Lila à nouveau, se dévalorisant encore au passage. Malgré cela, Elena soutiendra Lila comme elle peut tandis que Lila la protégera contre certains garçons trop entreprenants.

J’ai aimé cette amitié, cette histoire ancrée dans une Italie que je ne connaissais pas forcément. Cela ne m’a pas empêché de trouver l’ensemble authentique, que ce soit dans les descriptions, mais aussi dans les relations entre les personnages. J’ai eu la sensation de lire des morceaux de vie bien réelle, de me promener en compagnie d’Elena, de Lila, de leurs proches et de leurs ennemis. Je me suis attachée à eux. Je ne voulais pas les quitter alors je n’ai pas résisté à l’achat du tome suivant. Je voulais continuer à entendre la voix d’Elena, savoir comment son amitié évoluerait avec Lila, si autre chose viendrait s’inviter peut-être aussi. Je les ai aimées toutes les deux et j’ai hâte d’avoir de leurs nouvelles, mais aussi de savoir si dans le présent, Lila finirait par donner un signe de vie à Elena même si ce n’est clairement pas son truc.

Alors si vous voulez une histoire authentique avec une amitié aussi unique que réaliste, je vous invite à plonger dans l’amie prodigieuse. Vous pourriez bien trouver votre bonheur, et même plus encore, car il y a beaucoup à en dire. 


Verdict : A découvrir


 

mardi 13 décembre 2016

Dites aux loups que je suis chez moi par Carol Rifka Brunt

mardi 13 décembre 2016
Résumé : Nous sommes au milieu des années 1980, aux Etats-Unis. June est une adolescente taciturne, écrasée par une soeur aînée histrionique et des parents aussi absents qu'ennuyeux. Depuis sa banlieue triste du New Jersey, elle rêve d'art et de son oncle Finn, un peintre new-yorkais reconnu. Mais Finn est très affaibli et meurt bientôt de cette maladie qu'on n'évoque qu'à demi-mot, le sida. Inconsolable, la jeune fille se lie d'amitié avec un homme étrange, Toby, qui se présente comme l'ami de Finn. Confrontée à l'incompréhension de son entourage, et à la réalité d'une maladie encore honteuse, June va brusquement basculer dans le monde des adultes et son hypocrisie.

Titre : Dites aux loups que je suis chez moi
Auteur : Carol Rifka Brunt

Édition : 10/18


 
Certains romans s’oublient. Celui-là, non. Je n’ai pas oublié June. Je ne l’oublierai sans doute pas. June est une adolescente dont les parents sont absents les trois quarts du temps. Sa sœur a été un vrai soutien pour elle jusqu’à ce que l’adolescence semble l’éloigner d’elle. June n’a pas beaucoup d’amis. June aime se promener dans une forêt, s’imaginer à une autre époque et elle adore son oncle Finn. Hélas, ce dernier va mourir à cause du Sida, une maladie encore mal connue dans les années 1980 et qui a tendance à jeter la honte autour d’elle.

Mais June s’en moque. Finn est parti. Il est mort. Il n’a laissé qu’un tableau où elle est avec sa sœur. Enfin non, il n’a pas laissé que ça. Il y a aussi Toby, qui se présente comme l’ami de Finn. June va alors développer un lien avec lui. La jalousie va s’inviter dans la danse accompagnée d’une pointe de rancœur à l’égard de son oncle. Pourquoi n’a-t-il jamais parlé de cet homme ? Petit à petit, June va ouvrir les yeux sur des choses qu’elle n’avait pas vues ou que les adultes ne voulaient pas qu’elle apprenne.

Avec la mort de Finn, June grandit. Elle va découvrir ses parents sous un autre jour tandis que Greta tente vainement de communiquer avec elle. Je dois l’avouer, j’ai été touchée par la relation des deux sœurs, par cette absence de compréhension par moments alors qu’au fond elles se connaissent bien toutes les deux. La vie les a juste éloignées, mais chacune a su voir des choses que les parents n’ont même pas soupçonnées. D’ailleurs, j’ai aimé l’intrigue du tableau, les visites à la banque jusqu’à la fin où l’expert vient donner son avis. Cela reflète bien des éléments sur cette famille où les non-dits et mensonges étaient bien présents autour de Finn.

Puis il y a Toby avec qui June va apprendre pas mal de choses. Leur relation est complexe, mais va leur permettre d’avancer dans le difficile travail de deuil de Finn. Ensemble ils vont progresser même si parfois ils vont se retrouver à reculer de trois pas.

Et le Sida est là. Il demeure. Il menace aussi. Il a déjà pris quelqu’un, mais pourrait bien emporter une autre personne. Au début, cela n’importe pas vraiment à June sauf que cela va finir par compter à ses yeux, plus qu’elle ne l’aurait cru sans doute.

Dites aux loups que je suis chez moi est un roman touchant, qui n’est pas tendre avec son héroïne. Il est question du Sida, de ce qu’il peut provoquer autour de lui à une époque où on le connaissait mal. (Et même maintenant encore, certaines idées demeurent...) Il est aussi question du deuil, des relations avec l’entourage, des dégâts que les mensonges peuvent causer. C’est un roman fort où les masques tombent pour dévoiler une réalité complexe où la souffrance se débat avec l’espoir. Si vous voulez d’un livre qui ne s’oublie pas, qui sait traiter de choses difficiles, alors laissez-vous tenter par Dites aux loups que je suis chez moi !

Verdict : Indispensable 


Ce livre rentre dans le challenge :

 

lundi 12 décembre 2016

Les Frères ténébreux, tome 3 : Le Complot de la Comtesse par Courtney Milan

lundi 12 décembre 2016
Résumé : Sebastian Malheur est le plus dangereux des libertins. Lorsqu'il ne scandalise pas les dames dans leur chambre, il offusque la haute société avec ses théories scientifiques. À la fois envié et méprisé, il se moque de l'opinion publique, contrairement à Violet Waterfield, la comtesse de Cambury, que tout le monde respecte. Mais celle-ci détient un secret scandaleux : les théories de Sébastien sont en réalité les siennes ! Aussi, quand Sebastian menace de vouloir tout arrêter, elle doit trouver n'importe quel moyen pour le dissuader, même si cela signifie lui ouvrir son coeur vulnérable…

Titre : Les Frères Ténébreux, tome 3 : Le Complot de la Comtesse
Auteur : Courtney Milan

Édition : Milady Romance


***


Aujourd’hui j’ai envie de vous parler du Complot de la Comtesse, troisième tome des Frères Ténébreux écrit par Courtney Milan.

Je ne sais pas comment écrire cette chronique. Je l’avoue. Peut-être ai-je perdu la main ? Ou alors j’ai tant à dire que je ne sais pas par où commence. Néanmoins, une chose est sûre : j’ai une tendresse particulière pour ce tome à cause de Violet, comtesse de Cambury. Elle m’a beaucoup touchée avec ses interrogations, ce refus de s’engager avec Sebastian tout en étant une femme diablement intéressante. Elle est intelligente, elle trouve un moyen de faire parler de ses recherches sans comprendre que Sebastian le fait aussi parce qu’il tient beaucoup à elle. Alors quand ce dernier décide d’abandonner la partie, la brillante Violet va devoir s’adapter et ça ne va pas se faire sans heurts.

Violet est trop bien pour son époque (et ses pairs ne la méritent pas). Elle ne peut pas être aussi intelligente. Elle ne peut pas être l’auteur de recherches scientifiques, encore moins si les conférences sur ces dernières déchaînent la foule. Pourtant elle l’est. J’aime cet aspect-là de la saga où les femmes démontrent aux hommes qu’elles ne sont pas bonnes qu’à faire des enfants ou à rester sagement à la maison. En plus, Violet ne le mérite pas, ça la tuerait sans doute de la coller à un tel rôle, qui va si bien à sa sœur.

Violet va aider sa nièce à s’épanouir. Violet va aussi découvrir le vrai visage de sa mère, que j’ai beaucoup appréciée. Et puis Violet va être aimé par Sebastian, qui défraye la chronique par ses mœurs libertines, et qui pourtant respecte la femme. Alors, Sebastian n’est pas parfait, il a des défauts, mais il connaît le principe du consentement. Il ne forcera jamais sa partenaire d’un soir à avoir des rapports avec lui, il respectera le fait qu’elle veuille s’arrêter, il acceptera de passer la nuit à jouer aux cartes plutôt qu’à tester de nouvelles positions. Et ça… c’est bien. Quand j’ai vu que Sebastian était un de ces hommes, qui acceptait que la femme change d’avis, j’ai trouvé ça super. Ben oui, quand d’habitude le héros tente de faire flancher les barrières de la jeune femme, essaie de la faire changer d’avis, lui explique son non veut dire oui… Sebastian accepte de faire une partie de vingt-et-un à la place jusqu’au petit matin. Un point c’est tout.

Et c’est pour ça que j’ai aimé ce volet. Parce qu’il n’est pas question d’une simple romance, mais de l’épanouissement d’une femme. Violet ne va pas uniquement rencontrer l’amour, elle va aussi avoir l’occasion de montrer son vrai visage à la société, de dévoiler qui elle est. Pour moi, le Complot de la Comtesse n’est pas qu’une romance historique, c’est aussi l’occasion de traiter de la place de femme et de rappeler qu’on peut aussi avoir de belle histoire d’amour quand on respecte sa partenaire. Je le recommande donc chaudement. 



Verdict : Une réussite 

dimanche 20 novembre 2016

L'Héritière des Brumes, tome 1 : Médium par Rose M.

dimanche 20 novembre 2016
Résumé : Je me savais différente.
Ce que j'ignorais c'était à quel point et jusqu'où cela allait me mener. Oh, j'aurais pu le savoir si on ne m'avait pas caché la vérité. La faute à qui ? Ma mère !
Et puis, la différence ça a du bon, non ?
Surtout quand grâce à ça je peux aider ! Le destin a mis Brigitte sur ma route, ou alors la grande Prêtresse. Je ne sais pas.
Dans tout les cas, maintenant que j'y suis, je ne peux plus reculer.

Titre : L'Héritière des Brumes, tome 1 : Médium
Auteur : Rose M
Édition : Auto édition


Aujourd’hui, je vais vous parler de Médium, premier tome de l’Héritière des Brumes, un livre écrit par Rose M.

Avec ce livre, ce fut un rendez-vous manqué. Je ne reviendrai pas sur le problème de correction. Il existe toujours des erreurs, que le reste n’est pas parvenu à me faire oublier.

Pour moi, l’ensemble est bâclé. Je n’ai pas adhéré à la voix des deux personnages principaux, qui m’ont fait l’effet d’être des enfants, et non des adultes de dix-neuf ans. Je n’ai pas compris certaines de leurs réactions. En fait, j’ai trouvé leur traitement aussi superficiel que l'intrigue. Comment croire en une histoire quand l’impression dominante est que tout a été écrit dans la précipitation ? Comme si le but était de terminer de rédiger au plus vite sans chercher à donner de la profondeur à l’ensemble, à rendre les clichés moins clichés et à éviter les incohérences ici et là.

Par exemple, PG se retrouve à fouiller chez une personne très ordonnée. PG est censé être un esprit. Néanmoins, il a la capacité de faire bouger les choses. Quand il est interrompu dans ses recherches, il se cache. Jusque là, je me dis : pourquoi pas ? Mais comment l'individu maniaque peut-il rester de marbre face au désordre ? Comment peut-il continuer à se diriger vers la bibliothèque alors qu'il a la preuve d’une intrusion ? Bon, à la rigueur, la suite peut justifier l’absence de réaction de sa part… Mais pourquoi PG ne voit-il pas le problème ? Pourquoi ne se dit-il pas qu’il y a un souci ? Qu’une personne maniaque ne peut pas se contenter d’un simple regard et continuer son chemin comme si de rien n’était… Ou alors PG est un simple d’esprit. (ce qui n’est pas impossible)

En parlant de Petit Gardien, je me demande si son surnom décrédibilise les dialogues ou si ces derniers manquent simplement de naturel. Bon, ce n’est pas le cas de tous, mais le tout premier m’a paru très artificiel. En plus les tirets prêtent à confusion, car on s’attend à ce que l’on introduise une autre personne sauf que ce n’est pas le cas. Les trois premiers tirets sont pour Mia et il faut attendre le quatrième pour que PG se fasse entendre. Pour le coup, les guillemets m’ont manqué. (Et je ne comprends pas comment ce dialogue a passé le cap de la correction. )

Je pourrais aussi évoquer la légende, qui en dit sans doute un peu trop. Grâce à elle, il est facile de déduire beaucoup de choses. Le souci, c’est que les personnages sont plus lents à la détente. Résultat, c’est agaçant de les regarder traîner, hésiter à révéler certains secrets et ne pas voir des évidences. Quant à la dernière décision de l’antagoniste principal de l’histoire… Euh oui... admettons. Et ? Bon à la rigueur, ça colle au personnage. Je peux aussi saisir que Mia a du mal à y croire en cet ennemi, mais les réactions de PG ? Mouais...

Enfin, le pire reste le véritable rôle de l’héritière. Là, je vais sauter des lignes, car ça peut être spoiler.





Début du spoiler


Donc l’héritière est là pour enfanter l’élu avec son ancre.

Donc Mia est juste vouée à faire comme sa mère. Elle est juste le ventre par lequel l’élu naîtra. Un élu qui semble de sexe masculin.

Pourquoi pas Mia ? Pourquoi faut-il qu’elle se cantonne au rôle de la mère censée enfanter l’élu de sexe masculin ? Pourquoi ce n’est pas elle qui prend l’épée pour aller combattre ? Pourquoi sa mère l’enviait-elle du coup ? Non parce qu’au fond même si elle avait été l’héritière, elle aurait quand même dû mettre au monde un enfant chargé de tuer Nicolas à sa place… Alors oui elle aurait eu les pouvoirs pour le protéger, mais je ne suis pas sûre que cela lui aurait suffi.

Personnellement, je dois l’avouer, je grince des dents. L’héritière aurait pu être Buffy. En fait, elle sera Marie. Et ce sera encore un homme qui mettra fin à la menace. Alors peut-être que je me trompe. Peut-être va-t-elle mettre au monde une fille, qui mettra fin à la menace et montrera à la légende que le sexisme, ça va bien deux minutes…

Peut-être pas. En tout cas, moi ça m’a agacée.


Fin du spoiler





Maintenant que le petit coup de gueule spoiler est passé. Je vais en pousser un autre. Comment les bêtas et le correcteur ont-ils pu laisser passer des erreurs, des dialogues confus et tout un tas de trucs qu’un éditeur n’aurait sans doute pas laissé passer ? D’accord, ils ne sont pas tous des professionnels, mais quand même… Je ne comprends pas. Je ne comprends pas qu’un livre soit vendu dans cet état. Je ne comprends pas qu’on ait pu dire à l’auteur : allez fonce ! Pour moi, il y a un souci quelque part. Ou les bêtas n’étaient pas adaptés. Ou ils étaient malveillants.

Et je ne peux pas le conseiller, et ce, même si l’auteur est une personne sympathique.


Verdict : A éviter

vendredi 28 octobre 2016

Interview de Nolwenn Renard par Jupsy

vendredi 28 octobre 2016

Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Bonjour à tous ! Je m’appelle Nolwenn, j’ai 23 ans. Je suis diplômée de psychologie, passionnée de littérature, accro des livres et des belles couvertures. Je n’ai pas toujours adoré lire, pendant de nombreuses années ce fut une vraie corvée, jusqu’à ce que je me rende compte de ce que pouvait me procurer un livre entre mes mains. Depuis, je n’ai plus jamais lâché les mots ! Ma trilogie Autour de nous est ma première expérience d’auteure indépendante, les deux premiers tomes étant désormais disponibles.

Ma collègue Evy m’a demandé de te poser une question simple : thé ou café ? (et moi comme je suis gentille, je t’autorise à ajouter chocolat et jus d’orange )
Sans aucune hésitation : café ! (légèrement sucré avec une goutte de lait) ;-)

Plus sérieusement, tu as sorti ton tome 2 récemment. Qu’as-tu éprouvé ?
J’étais à la fois très heureuse de son aboutissement, et un peu stressée à l’idée qu’il ne soit pas à la hauteur du premier. J’étais profondément touchée d’entendre les lecteurs du tome 1 me réclamer sa sortie ! Reste plus qu’à les laisser s’y plonger …

A-t-il été plus difficile à écrire que le premier ? Ou est-ce l’inverse ?
De manière globale, il n’a pas été plus compliqué à écrire. Après, le plus difficile de mon point de vue, fut de m’imaginer à la place des lecteurs qui se plongent dans le tome 2 après plusieurs semaines, voire mois de découverte. Quels passages seraient-ils susceptibles d’avoir oubliés ? Quels épisodes serait-il bon de rappeler ? Quels détails serait-il préférable de repréciser ? Je ne voulais surtout pas que quelqu’un puisse se perdre quelque part ...

Quel a été ton chapitre préféré lors de l’écriture de ce second tome ?
J’adore - et j’ai toujours adoré - écrire le dernier chapitre. Celui qui clôture des pages de lecture. Ces dernières phrases que l’on a envie de relire plusieurs fois pour être sûr que l’on a bien compris leurs sens. Ces derniers mots qui restent en tête et qui influencent en grande partie l’avis final, à chaud, que l’on se fait d’une histoire.

Lequel a été le plus complexe à écrire ?
Le chapitre le plus complexe que j’ai eu à écrire dans ce tome 2 fut sans doute « la traversée ». Ceux qui ont lu le tome 1 (et qui sont alors restés sur cette fameuse question) y trouveront dans ce tome 2 la réponse ! La traversée, entre le monde des Hommes et des Passeurs. Un passage entre la Terre et « le Camp » (je ne peux pas vraiment en dire plus), entre le réel et l’incroyable, entre la Terre réelle et un monde parallèle. Comment faire croire quelque chose qui n’existe pas ? C’est là la difficulté. Tenter de s’immerger complètement dans la peau de ce personnage qui traverse, son ressenti, ses émotions, sa douleur parfois, ce qui pourrait l’attirer dans cet entre-deux monde, ou au contraire, ce qui ferait qu’il ne puisse pas l’atteindre. Ce passage a été assez corsé niveau cohérence et crédibilité, mais je pense que Lizzie l’expliquera beaucoup mieux que moi. ;-)

Ma collègue Evy s’incruste une nouvelle fois, car elle aimerait savoir quel personnage de ton roman t’accompagnerait en cas d’apocalypse ?
Lizzie sans aucun doute ! On a pas mal de points communs et je pense que s’il ne restait que nous, nous arriverions à retracer des chemins détruits. On se battrait pour les autres, et pour nous.

Et si on parlait de mythologie ? Quel est le processus de création de la tienne ?
Pour écrire Autour de nous, je suis partie d’un processus assez particulier : celui d’un cauchemar (chapitre 14 du tome 1) que j’ai quasiment rêvé tel que. Il m’est resté dans la tête toute une journée et j’ai voulu l’immortaliser. J’ai alors souhaité en faire quelque chose, ne pas le laisser là, comme ça. Il a fallu alors créer un contexte un peu sombre, avec des enfants, puis finalement, le reste est venu assez facilement. Je voulais créer une sorte d’aventure impossible dans un monde bien réel. Un roman dans lequel l’incroyable se mêle au possible. Je voulais que les lecteurs se disent simplement … « Et pourquoi pas … ? » …

As-tu un genre de prédilection ? À l’inverse, quel genre sort de ta zone de confort ?
Je n’ai pas de genre de prédilection, même si j’ai un petit faible pour le fantastique et le thriller. L’érotique, par contre, sort de ma zone de confort. Ce n’est pas le genre en lui-même qui me repousse, ce sont souvent les trames principales qui me paraissent faibles ou évidentes à l’avance, je n’aime pas cette sensation de « toujours la même chose ». Après, je ne fais pas de généralisation, je n’ai juste peut-être pas encore trouvé LE livre qui pourrait me faire changer d’avis !

Quelle est l’étape la plus facile dans l’auto-édition pour toi ? La plus difficile ?
La plus facile ? Le libre cours à son imagination, sans aucune restriction !
La plus difficile ? La commercialisation. Nous sommes auteurs, passionnés d’écriture et parfois un peu graphistes ou apprentis correcteurs par obligation, mais nous ne sommes pas des commerciaux.
Difficile de se mettre en avant sans paraître légèrement égocentrique, avec une modestie défaillante ou pot de colle. On ne peut pas embêter tout le monde avec notre roman tous les quatre matins même si on rêve de le voir entre toutes les mains. Certains savent faire, moi, ce n’est définitivement pas mon truc.

Si tu avais un conseil à donner à ceux qui se lanceraient, quel serait-il ?
Le seul conseil que je pourrais donner à ceux qui se lanceraient : y aller à fond ! Persévérer pour ne jamais regretter ! Tenir son livre dans ses mains n’a pas de prix, et après tout, qu’est-ce qu’on risque ?! De belles rencontres et un bout de rêve réalisé …

Quel serait ton mot pour conclure cette interview ?
Un mot ? Merci ! Merci à vous pour cette interview, pour l’intérêt. Merci à tous ceux qui suivent les auteurs indépendants au même titre que les autres. Il existe des petites perles dans cette grande famille. Ne les ratez pas … ! :)



Pour aller plus loin :

Autour de Nous : Chapitre I et Chapitre 2


Encore un Chapitre © 2014