mardi 18 juillet 2017

Heartless, tome 1 : Mercy par Ker Dukey

mardi 18 juillet 2017
Résumé : On dit que certaines personnes manquent d’empathie en raison d’une activité réduite au niveau du lobe frontal. C’est peut-être mon cas, mais que je sois né ainsi ou que je le sois devenu, l’empathie n’était pas mon fort jusqu’à ce que ses yeux verts croisent les miens dans un miroir… et que je sois incapable de lui ôter la vie.
Je ne voulais pas ressentir d’émotions, je refusais que cette femme vienne compliquer ma vie, elle qui avait été envoyée pour me hanter à cause de mes péchés. Mais la mission a mal tourné et ses conséquences ont transformé ma vie à jamais. En m’obligeant à ressentir des émotions.

Titre : Heartless tome 1 : Mercy
Auteur : Ker Dukey
Edition : Milady


Normalement, ce livre n’a rien à faire dans ma bibliothèque. Depuis Loin de tout, qui était du New Adult, j’ai tendance à m’éloigner des livres portant cette appellation. Sauf que quand il est question de Dark Romance, je vais lire pour me faire ma propre opinion. Je dois d’ailleurs saluer l’effort de Milady, qui signale bien que cette histoire est pour un public averti. Je crois que ce serait bien que tous les éditeurs fassent cet effort afin d’éviter d’avoir un paquet de gamines qui vont se forger une fausse image de l’amour et qui vont aller chercher un bad boy qui leur fera plus de mal que de bien.

Heartless n’est pas révolutionnaire. Il est question d’un tueur, Blake, qui va tomber amoureux de Melody, qu’il aurait dû tuer et dont il a tué les parents. Blake n’éprouve aucun sentiment sauf pour Melody. Sa vision des femmes donne simplement envie de le gifler. Il se comporte comme un être odieux. Je pense notamment à la meilleure amie de sa « pseudo » petite amie, qu’il n’hésite pas à chauffer avant de la planter. Pourquoi est-ce énervant ? Ben parce que son côté séducteur lui permet d’allumer une fille qui le déteste pour le mal qu’il fait à sa copine. Et qu’en plus, cette fille succombe. Non. Je ne suis pas d’accord. Alors oui, je sais une Dark Romance, c’est là pour explorer une relation malsaine entre un homme et une femme… Mais là, nous sommes dans la surenchère pure et simple… Et sous-entendre que le sexe suffit à faire changer d’avis une fille… Non. Que derrière la haine se cache un désir caché ? Non plus.

Ne peut-on pas avoir une dark romance… ou même une simple romance où l’on montre des filles qui sont capables de dire non sans succomber après que le mec ait insisté ? Ne peut-on pas montrer que c’est mal ? Que les filles n’aiment pas ça ? Alors oui les relations malsaines, ça existe… Mais ne devrait-on pas montrer que ça doit être exceptionnel ? Que ça n’est pas une généralité… Que toutes les filles ne succombent pas à un mec qui a tué vos parents ? Car oui, Melody va succomber à Blake. Alors oui, ça ne va pas donner des scènes de sexe conventionnelles. Oui parce que c’est bien connu, les mecs malsains confondent violence et amour. Il va donc être question de placer Melody dans des positions de faiblesse, avec de l’étranglement à la clé…

Mais je crois que le pire, c’est qu’au fond Heartless est une sorte de mensonge. Oui, Blake n’est pas fréquentable sauf que l’autrice ne va pas jusqu’au bout avec lui. Elle lui trouve des circonstances atténuantes, des excuses pour permettre à Melody de l’aimer malgré tout. Ce twist final, je m’y attendais et j’espérais qu’il n’arriverait pas. J’aurais voulu que l’autrice assume le fait que son personnage soit un connard. Honnêtement, je préfère ça aux excuses que l’on trouve aux héros pour faire passer la pilule. Je trouve ça insupportable parce que ça sous-entend que si un mec a eu une enfance difficile… Il a le droit de traiter sa copine comme un bâtard. Il a le droit de tuer des gens. Il a tous les droits. Il faut s’émouvoir… et c’est énervant.

Du coup, comme Blake n’est pas vraiment un salaud, ce roman entretient donc l’idée que la fille peut panser les blessures de l’être abîmé par la vie. Alors oui je sais, ce n’est que de la fiction sauf que ça entretient la culture du viol. Des filles vont vraiment rêver d’un tel homme, peuvent vraiment s’engager dans une relation aussi malsaine avec l’idée qu’elles pourront le changer. Si encore ce livre se montrer profond, s’il prenait davantage le temps d’approfondir le caractère des personnages, d’aller au-delà des stéréotypes. Mais non. Heartless n’est rien d’autre qu’un thriller érotique (et pas une dark romance) dont l’intrigue n’a rien d’original, où les personnages sont à gifler et où l’image de la femme est dégradée au plus haut point.


Je ne conseille pas. (mais alors pas du tout)

lundi 19 juin 2017

[SP] Trop peu par Loli Artesia

lundi 19 juin 2017
Résumé : Dans une chambre d'hôtel aux lourds rideaux noirs, deux anciens amants se retrouvent après dix ans de silence. Tentent de rejouer leur passé amoureux. Miment des gestes sans les interpréter. Sans parvenir à s'extraire d'eux-mêmes.

La chambre prend des allures de huis-clos, écho au monologue intérieur de Chloé, à la recherche d'un nouveau passé, d'un autre personnage, laissant dans cette parenthèse amoureuse un instant d'inachevé.


Titre : Trop peu

Auteur : Loli Artesia

Edition : Inside me







Pour commencer, je tiens à remercier Loli Artesia de m’avoir permis de lire son roman. Je dois reconnaître quand j’ai découvert l’extrait, avant d’accepter, sa plume m’a beaucoup plu. Pour moi, elle écrit bien, pour ne pas dire très bien. Il y a quelque chose de poétique dans ses phrases. Vraiment…

Sauf que ça n’a pas été suffisant pour que j’adhère à ce monologue intérieur. En fait, je trouve que le « tu » tue tout simplement le récit. Je n’ai rien contre l’usage de ce dernier dans un livre dont le lecteur est le héros. Dans les autres, c’est plutôt dangereux, car le « tu » as tendance à prendre parti, à accuser et à juger. Du coup si le lecteur est en désaccord avec lui, comment pourrait-il s’entendre avec jusqu’au bout du roman ? Dans mon cas, ça a été très difficile.

Oui quand le « tu » a évoqué les féministes, j’ai grincé des dents. J’avais envie de le secouer lorsqu'il énonce que le temps de la lutte est terminé. Des femmes se battent encore tous les jours pour que les leurs s’habillent comme elles veulent… ou pour que l’accouchement ne soit plus un traumatisme pour certaines d’entre d’elles. J’ai aussi tiqué sur la question de l’adultère avec les circonstances atténuantes… Je n’ai pas aimé les messages qu’il transmettait au lecteur.

Et finalement ce « tu » m’a donné l’impression de faire de la psychologie de bas étage. Peut-être parce qu’il se montre souvent trop dur de manière générale. Peut-être parce que je l’ai trouvé injuste. Peut-être aussi parce qu’il est trop vindicatif dans ses propos. Après tout, il est capable de dire à Chloé ce qu’elle n’est pas venue chercher.

Un « tu » plus nuancé aurait peut-être fonctionné. Une chose est sûre, il a fini par me lasser et j’ai galéré pour finir le roman. Pourtant je le voulais afin de comprendre ce qui se cachait vraiment derrière ce « tu ». J’ai fini par obtenir ma réponse. J’ai pu saisir certaines choses sauf que ce n’est pas suffisant pour tout excuser. Je dois reconnaître que l’idée était bonne. Je regrette juste cette exécution maladroite. Le « tu » était trop antipathique pour moi. 


Je ne conseille pas.

mercredi 14 juin 2017

La servante écarlate par Margaret Atwood

mercredi 14 juin 2017
Résumé : Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l'Ordre a été restauré. L'Etat, avec le soutien de sa milice d'Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d'un Evangile revisité. Dans cette société régie par l'oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L'une d'elle raconte son quotidien de douleur, d'angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d'une vie révolue, d'un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une œuvre d'une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

Titre : La servante écarlate
Auteur : Margaret Atwood
Edition : Pavillons Poche - Robert Laffont


 
Aujourd’hui, je vais vous parler d’une dystopie, que j’aurais aimé découvrir bien plus tôt. Je veux parler de la servante écarlate écrit par Margaret Atwood, qui est désormais adapté en série. Bon, comme je ne suis pas série, j’ai opté pour le livre.

Je ne l’ai donc pas regretté. J’ai découvert un livre prenant dont le futur est glaçant de réalisme. J’ai beaucoup aimé la narration avec une héroïne qui évoque son expérience. Elle a connu l’ancien gouvernement. Elle a vécu l’arrivée du nouveau, qui a fini par l’asservir sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte. Elle n’a pas été la seule à ne pas le voir. Nombreux ont été ceux à n’avoir rien vu venir. Du jour au lendemain, les femmes ont ainsi été privées de leurs libertés. Mais ce n’est pas la seule chose qu’elles ont perdue…

Dans cette dystopie, le sort des femmes est terrible. Defred nous raconte le sien, celui d’une femme condamnée à se faire violer pour permettre à d’autres couples d’avoir un enfant. Si elle réussit à offrir un enfant, elle pourra éviter un séjour aux colonies, un lieu où il ne vaut pas mieux être envoyée. Au fil des pages, Defred nous décrit d’autres femmes, comme sa mère ou encore Moïra, que j’ai beaucoup apprécié et dont j’ai espéré avoir des nouvelles à chaque retour dans le présent. Cette dystopie est sombre. Les règles y sont injustes…

Mais le pire, c’est, comme souvent, ce côté si réaliste. Comme toujours, j’ai du mal à faire une chronique d’un livre qu’il vaut mieux lire pour réaliser la puissance de son propos. Si vous avez l’occasion de lire, faites-le, car ce livre a beaucoup de choses à raconter. Il pousse à réfléchir. Il est troublant. Malsain. Un chef d’œuvre. Un coup de cœur.

Je conseille.

lundi 12 juin 2017

D'amour et de Haine, tome 1 : Quand tout bascule par Sonia Alain [SP]

lundi 12 juin 2017
Résumé : 1914, l'année de tous les dangers.

Adélaïde de Beauchamp est une jeune lady qui s'est vue contrainte de quitter l'Angleterre à la suite d'un scandale. Sommée par ses parents de revenir chez elle au bout de deux ans, elle s'embarque sur l'Empress of Ireland, un paquebot luxueux qui effectue la liaison entre la ville de Québec et l'Angleterre.

En cette nuit du 29 mai, période de l'année où les eaux sont encore glaciales dans l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, l'Empress of Ireland fend doucement la nappe brumeuse lorsqu'il est soudainement embouti par un charbonnier. Personne n'aurait pu prévoir le drame !

Dès lors, le destin d'Adélaïde sera changé à tout jamais...

Titre : D’amour et de haine, tome 1 : Quand tout bascule
Auteur : Sonia Alain
Edition : Ada Editions

 
Aujourd’hui, je vais vous parler du premier tome d’amour et de haine, la nouvelle saga de romance historique écrite par Sonia Alain. Je tiens d’ailleurs à remercier cette dernière de m’avoir confié ce nouveau bébé avec une belle dédicace.

Alors ai-je été transportée par cette romance ? Oui. À un détail près. D’ailleurs, je pourrais même dire que la saga porte bien son nom. Si j’ai aimé Adélaïde, j’ai haï bien souvent Aidan. Plusieurs fois, j’ai eu envie de le gifler parce qu’il est vraiment, mais alors vraiment odieux avec Adélaïde. En plus, il ne sait pas ce qu’il veut. Bon, son passé peut toucher sauf que ça n’excuse en rien son comportement avec la jeune femme. Certes, son métier peut expliquer ses réticences à céder, mais sérieux, je l’ai trouvé d’une indécision peu professionnelle. Franchement, Adélaïde mérite mieux que ça…

Bon okay, elle a fait une grosse erreur de jeunesse. Elle s’en veut. C’est normal. Après méritait-elle de souffrir autant ? Je ne pense pas. En plus, elle a droit à des ennuis à cause d’Aidan, ce qui fait que je lui en voulais encore plus à lui. Donc oui, j’ai été profondément touchée par Adélaïde, par sa détresse suite au drame qu’elle a vécu et je pense sincèrement qu’elle mérite mieux qu’Aidan. (Non, je n’insiste pas du tout. Et je sais, l’amour a ses raisons que la raison ignore !) J’espère s’il va se racheter dans la suite de leurs aventures, et si ce n’est pas le cas, je pense que j’irais trouver une machine à remonter le temps pour lui faire la leçon. (Donc oui, je lirai le tome deux.)

Néanmoins, cette absence d’affinité à l’égard d’Aidan ne m’a pas empêché d’apprécier ce premier roman. Comme à son habitude, Sonia Alain a su prendre le temps de se documenter pour immerger son lecteur au cœur de l’année 1914. Sa plume est toujours aussi agréable à lire. Elle entraîne ses personnages dans une aventure bien rythmée où les nerfs des héros sont mis à rude épreuve. (Non ça n’excuse toujours pas Aidan) Il est clair que les amateurs de romance historique devraient trouver leur bonheur avec cette histoire dont le titre colle parfaitement à la relation entre Adélaïde et Aidan. Oui, ils s’aiment et se haïssent tout en restant attirés l’un à l’autre. 


Je conseille. 

lundi 17 avril 2017

[BD] Collaboration Horizontale par Navie et Carole Maurel

lundi 17 avril 2017
Résumé : 1942, Paris, Passage de la Bonne Graine. Rose, pour sauver son amie juive, Sarah, décide d’intervenir auprès de l’officier chargé de l’enquête, Mark. Rose est mariée à un prisonnier de guerre, avec qui elle a un enfant. Pourtant elle va se lancer dans une passion avec cet Allemand qui va lui révéler la femme qu’elle est. Cet immeuble est le sanctuaire de femmes héroïques et ordinaires, veuves ou célibataires, juives ou athées, scandaleuses ou acariâtres

Titre : Collaboration Horizontale
Scénariste : Navie
Illustratrice : Carole Maurel
Édition : Delcourt


Il était une fois des femmes durant l’occupation. Il était une fois leurs vies au sein d’un immeuble. Chacune a sa vie. Chacune a ses secrets. Les apparences se révèlent trompeuses. Ou peut-être pas ? Chacune peut toucher dans sa détresse. Avec d’autres, il y a une hésitation entre la compassion ou la pitié. Une chose est sûre, les jugements sont là. Même en temps de guerre.

Rose est l’héroïne, mais elle n’est pas seule. Elle est entourée de personnages hauts en couleur. J’ai eu envie d’en gifler certains tandis que d’autres me donnaient juste envie de les serrer dans mes bras. J’ai voulu hurler à l’injustice parce que non, tout ne l’est pas. Je ne peux pas trop en dire sans prendre le risque de révéler l’intrigue, mais j’ai eu mal au cœur par moments. J’ai une tendresse particulière pour le mari de la gardienne, mais aussi Joséphine.

Les dessins servent l’histoire à merveille. Je ne suis pas une spécialiste, mais j’ai apprécié la mise en scène de certaines planches. Elles retranscrivaient à la perfection les émotions que ces moments pouvaient inspirer. Elles étaient clairement plus parlantes que les mots. J’aime beaucoup le fait qu’à la fin deux lettres nous soient révélées. C’est un véritable plus qui permet de voir certains passages différemment.

En conclusion, Collaboration Horizontale est une bande dessinée historique à découvrir. Elle lève le voile sur une partie sombre de notre Histoire. Elle nous offre une autre vision des événements et nous rappelle à quel point les préjugés peuvent être destructeurs.

Verdict : Je conseille.
Encore un Chapitre © 2014